Un immeuble de bureaux de la Haute-Ville changera bientôt de visage. Québec, Ottawa, la Ville de Québec et l’organisme Socialim transformeront l’édifice Catherine-de-Longpré en 222 logements sociaux et abordables. Les premiers ménages emménageront d’ici l’automne 2028. Le chantier mobilise plus de 79 millions de dollars.
Louis-Alexandre Parent
Une seconde vie pour un immeuble vieillissant
L’édifice se dresse au 1075, chemin Sainte-Foy. Des bureaux du ministère de la Santé l’occupaient autrefois sur quinze étages. Les partenaires reconvertiront entièrement le bâtiment en milieu résidentiel. Un second immeuble de douze étages s’ajoutera sur le même terrain. Les travaux se termineront à l’automne 2028. L’ensemble vise des familles comme des personnes seules. Un centre de la petite enfance occupe encore le rez-de-chaussée. Cette garderie déménagera ailleurs dans le quartier.
Le futur ensemble regroupera des logements de tailles variées. On y trouvera 105 studios d’une chambre et 68 appartements de deux chambres. Quarante-neuf grands logements de trois chambres compléteront l’offre. Un stationnement souterrain fournira 71 places. Une salle communautaire et des espaces de rangement s’ajouteront. Le quartier donne accès à des parcs, à des commerces et au futur tramway. Les architectes de la firme BMD signent la conception.
Un financement partagé entre quatre acteurs
Le montage réunit trois ordres de gouvernement et un organisme sans but lucratif. La Société d’habitation du Québec verse une subvention de 14,5 millions de dollars à Socialim. Cette aide provient de l’entente Canada-Québec sur le Fonds pour accélérer la construction de logements. La Ville de Québec ajoute plus de 7,5 millions. Ce partenariat illustre, selon les élus, ce que les administrations accomplissent ensemble. Sa vice-présidente du comité exécutif, Marie-Pierre Boucher, défend cette participation. Selon elle, le chantier réutilise un terrain déjà minéralisé. La municipalité préfère bâtir vers l’intérieur plutôt qu’étendre son territoire.
Des prêts en capital patient de 14,3 millions et un financement hypothécaire bouclent l’enveloppe. Les loyers suivront la grille du Programme d’habitation abordable Québec. Pour favoriser la mixité sociale, 118 logements afficheront un loyer abordable intermédiaire. Les 104 unités restantes porteront un loyer abordable. Pas moins de 52 ménages limiteront leur contribution à 25 % de leurs revenus, grâce au supplément au loyer.

Les chiffres permettent une comparaison avec le marché local. Un appartement de deux chambres abordable se louera 1079 $ par mois. Ce prix exclut le chauffage et l’électricité. Les unités abordables intermédiaires atteindront environ 1619 $ par mois. Dans Montcalm, le loyer moyen grimpe à 1677 $, logements neufs et anciens confondus. Un logement neuf y approche plutôt les 2000 $.
Une réponse affichée à la crise du logement
Le député de Québec-Centre, Jean-Yves Duclos, situe l’annonce dans un contexte plus large. Selon lui, la pénurie de logements locatifs persiste depuis des décennies. La pandémie a aggravé un problème déjà installé, note-t-il. Il rattache cette crise à un faible rythme de construction. Le manque nourrit aussi, d’après lui, un stress financier et familial. Le député relie même cette tension à des formes d’itinérance. Il observe toutefois une meilleure collaboration entre les gouvernements.
Socialim mise pour sa part sur un modèle hors marché. D’après l’organisme, aucune spéculation ne touchera ces logements communautaires. Le projet ajoute ainsi une offre durable dans un secteur qui en compte peu. La ministre responsable de l’Habitation, Karine Boivin Roy, avance un argument financier. L’immeuble réclamait déjà des réparations coûteuses, soutient-elle. Le ministre des Finances, Eric Girard, évoque enfin des économies pour les contribuables. Les autorités signalent aussi un soutien immédiat. Des services d’aide à la recherche de logement épauleront les ménages avant le 1er juillet.


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