Les postes vacants reculent dans la grande région de Québec

(Photo : Administration portuaire de Quebec)

Le nombre de postes vacants a diminué de 3,4 % au premier trimestre de 2026 dans la Capitale-Nationale et la Chaudière-Appalaches. Les deux régions comptent maintenant 17 700 emplois à pourvoir. Ce total reste élevé. Les employeurs peinent encore à recruter, selon l’organisme Québec International.

Louis-Alexandre Parent

Un recul modeste après des sommets

Les deux régions affichaient 18 315 postes vacants à la fin de 2025. Ce chiffre redescend à 17 700 trois mois plus tard. La baisse atteint donc 3,4 % sur le trimestre. L’emploi salarié fléchit aussi, mais faiblement, de 0,6 %. Les entreprises ralentissent ainsi l’embauche sans procéder à des coupes marquées.

Ces données proviennent de l’Enquête sur les postes vacants et les salaires de Statistique Canada. Québec International interprète ensuite ces résultats pour la région. Statistique Canada considère un poste comme vacant lorsqu’un employeur recrute activement pour le combler. L’organisme régional décèle ici un début de rééquilibrage du marché.

Vue d'ensemble du marché de l'emploi de la région de Québec au premier trimestre de 2026. (Image: Québec International)
Vue d’ensemble du marché de l’emploi de la région de Québec au premier trimestre de 2026. (Image: Québec International)

Cette accalmie s’inscrit dans une longue tendance. Le nombre de postes vacants tourne autour de 17 000 depuis le début de 2024. Il avait même grimpé à 18 315 à l’automne dernier. La donnée du printemps revient donc vers la moyenne observée ces deux dernières années.

Deux régions aux trajectoires opposées

La Capitale-Nationale mène ce mouvement de repli. Elle perd 705 postes vacants, soit une chute de 6,0 %. Son taux de postes vacants glisse à 2,8 %. La région compte pourtant 4 435 salariés de plus qu’au trimestre précédent.

La Chaudière-Appalaches emprunte le chemin inverse. Elle gagne 90 emplois à pourvoir, une hausse de 1,4 %. Son taux grimpe plutôt à 3,2 %. Les secteurs primaire et secondaire, très présents sur cette rive, alimentent en partie cette demande soutenue. La région perd toutefois 8 095 emplois salariés sur le trimestre, soit un repli de 3,79 %.

Postes vacants au dernier trimestre de 2025 et au premier trimestre de 2026 en comparaison avec les deux régions administrative de Québec, la province de Québec et au pays. (Image: Québec International)
Postes vacants au dernier trimestre de 2025 et au premier trimestre de 2026 en comparaison avec les deux régions administrative de Québec, la province de Québec et au pays. (Image: Québec International)

Une concurrence un peu moins vive entre candidats

Le marché demeure serré, mais il se desserre légèrement. Le ratio de chômeurs par poste vacant le démontre bien. Il recule de 0,94 à 0,78 en un seul trimestre. Les chercheurs d’emploi se livrent donc une compétition un peu moins forte. Le taux de postes vacants atteint 2,8 % dans l’ensemble du Québec, soit le même niveau qu’au Canada.

Les salaires poursuivent par ailleurs leur ascension dans les deux territoires. Ils atteignent 28,60 $ l’heure dans la Capitale-Nationale, en progression de 1,24 %. La Chaudière-Appalaches verse de son côté 27,25 $ l’heure, une hausse de 0,55 %. Ces gains reflètent la difficulté persistante à dénicher des travailleurs. Les employeurs bonifient donc leurs conditions pour attirer la main-d’œuvre disponible.

Des experts qui invitent à la prudence

Carl Viel dirige Québec International. D’après lui, les entreprises ne relâchent pas leurs efforts. Elles ajustent plutôt leur stratégie face à un marché tendu. Il insiste sur un constat. Les besoins en personnel persistent malgré le ralentissement des embauches. La rareté de main-d’œuvre continuerait de freiner les projets d’investissement régionaux.

L’économiste principale Rosalie Forgues abonde dans le même sens. Elle évoque une normalisation amorcée, mais encore fragile. Selon elle, ce répit traduit un simple ajustement conjoncturel. Les contraintes structurelles liées au manque de travailleurs persisteraient sous la surface. La spécialiste prévient enfin que cette détente pourrait ne pas durer.

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