Le coût du logement freine la hausse du pouvoir d’achat à Québec

Vue aérienne sur la Haute-ville, dont le complexe G.Photo : Philippe Moussette

L’augmentation importante du prix des logements et des résidences gruge une bonne partie de la hausse des revenus disponibles dans la RMR de Québec.

Xavier Renald

L’organisme Québec International (QI) publie son rapport annuel Bilan et perspectives au sujet du pouvoir d’achat dans la grande région de Québec.

La plus forte croissance du revenu disponible au pays

Les données provisoires de 2025 du revenu réel disponible par habitant (RDH) dans la RMR de Québec indiquent que cet indicateur a progressé de 2,1 %, soit la plus forte croissance des huit principales RMR canadiennes. Il s’établit désormais à 34 090 $, selon les données révisées. Cette hausse atteint même 4,1 % si on ne soustrait pas l’effet inflationniste, ce qui démontre l’influence de l’augmentation des prix sur les gains de revenus.

La RMR de Québec se classe ainsi au-dessus de la moyenne québécoise (32 490 $), mais en deçà de celle canadienne (34 970 $). La croissance notable de l’indicateur confirme néanmoins la solidité relative du pouvoir d’achat de la région, écrit QI dans son rapport.

Paradoxalement, la croissance salariale a ralenti en 2025 à Québec, après des hausses exceptionnelles observées en période post pandémique. En enregistrant une hausse de 1,8 %, la RMR de Québec se retrouve bien en dessous de la moyenne nationale, loin derrière Toronto (4 %) ou encore Montréal, Ottawa et Vancouver (3,8 %).

Pour la RMR de Québec, cette dynamique se traduit par une capacité limitée du revenu du travail à soutenir le pouvoir d’achat, dans un contexte où le revenu disponible par habitant demeure inférieur à la moyenne canadienne.

Une inflation persistante

Après avoir atteint un sommet à 6,3 % en 2022, le niveau d’inflation se chiffre à 2,6 % en date du 31 décembre 2025, selon l’Institut de la statistique du Québec (ISQ). Ce chiffre se situe à l’intérieur de la fourchette souhaitée par la Banque du Canada, soit entre 1 et 3 %.

Ce constat qui paraît rassurant cache toutefois des disparités importantes entre les composantes du panier de consommation qui permet de mesurer l’inflation. En effet, les coûts liés au logement se sont avérés la principale source de pression inflationniste en 2025, avec une hausse de 5,2 %. Les loyers ont augmenté de 10,1 %, tandis que les prix des propriétés résidentielles ont progressé de 20,5 %. Ces hausses constituent respectivement la seconde et la première plus importante progression parmi les grandes RMR canadiennes.

Le coût du panier d’épicerie est la seconde catégorie la plus touchée par l’inflation, présentant une hausse de 3,3 % lors de la dernière année. En prenant un pas de recul, on constate toutefois que cette catégorie a augmenté de 29,9 % depuis 2019, ce qui rappelle la vulnérabilité du pouvoir d’achat aux prix des produits de première nécessité.

Et pour 2026 ?

Selon les prévisions d’Oxford Economics,le revenu disponible des ménages de la région devrait continuer de croître en 2026, mais à un rythme inférieur à l’inflation. Cette situation devrait réduire le pouvoir d’achat des résidents de la RMR. Les prévisions peuvent cependant être considérées comme fragiles en raison des nombreuses zones d’incertitude entourant les menaces tarifaires et le choc pétrolier.

Ainsi, même si l’inflation devrait demeurer sous contrôle en 2026, l’effet cumulatif de la hausse du niveau des prix lors des dernières années continue d’avoir des répercussions bien tangibles sur le portefeuille des ménages. QI rappelle donc que le pouvoir d’achat ne se rétablit pas mécaniquement lorsque l’inflation diminue, mais exige un rééquilibrage entre les revenus, les dépenses et la capacité d’épargne des ménages.

« Sans action ciblée sur les fondements structurels du coût de la vie, les gains économiques risquent de se traduire par une amélioration inégalement répartie du bien-être économique des ménages », peut-on lire en conclusion du rapport.

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