La consigne élargie progresse, mais son réseau ne suit pas. Entre les épiceries qui se retirent et les dépôts de consigne qui ouvrent au compte‑gouttes, des citoyens peinent désormais à trouver un point de retour près de chez eux.
Par Juliet Nicolas
On peut lire des commentaires dans les groupes de quartier qui résume bien le sentiment général : « Le dépôt pour recyclage de cannettes et bouteilles de plastique du Marché Richelieu est maintenant définitivement fermé.Il va falloir se rendre en basse ville sur la rue St-Joseph pour échanger notre 2$ … »
D’autres résidents dénoncent un système qui, selon eux, « crée des problèmes plus qu’il n’en règle ». Ces réactions traduisent une inquiétude réelle. En effet, plusieurs épiceries cessent de reprendre les contenants. Cette situation découle directement du règlement édicté en 2022 et entré en vigueur le 1er novembre 2023, qui a retiré l’obligation pour les commerces de petite surface (≤ 375 m²) de reprendre les contenants consignés.
Certaines épiceries se retirent du système
En 2025, le gouvernement du Québec a confié à l’Association québécoise de récupération des contenants de boissons (AQRCB), qui opère sous la marque Consignaction, la gestion du système de consigne modernisé. L’AQRCB a proposé un modèle hybride combinant des lieux de retour Consignaction et Consignaction+ ainsi que des points de retour “Zone Consignaction” chez des détaillants participants.
Dans ce contexte, les épiceries ne sont plus toutes tenues de reprendre les contenants. Seules celles dont la superficie excède 375 m² doivent continuer à le faire, sauf si elles se regroupent avec un lieu de retour. Les petites surfaces peuvent donc se retirer, ce qui entraîne la fermeture de plusieurs comptoirs de consigne dans certains secteurs.
Un réseau revu à la baisse
Initialement, le règlement prévoyait une augmentation du nombre minimal de lieux de retour à 1 500 en 2025. Cette cible a été révisée, et le gouvernement a finalement établi ce minimum à 1 200 à compter du 1er mars 2025.
En outre, ces 1 200 lieux incluent des points de retour en vrac, pouvant représenter jusqu’à 25 % des points dans une même région administrative, selon le règlement. Certains lieux offrent aussi un service Express, où les contenants sont déposés dans des sacs et triés ultérieurement. Dans ce cas, le remboursement n’est pas immédiat et peut prendre plusieurs jours ouvrables.
Des points de retour plus éloignés
Les changements adoptés ont aussi modifié les distances maximales permises lorsqu’un groupe de détaillants choisit de se regrouper autour d’un seul lieu de retour. Dans ce cas, le lieu doit être situé à moins de 1 km d’un des commerces du regroupement, et jusqu’à 3 km des autres commerces lorsque la municipalité compte plus de 25 000 habitants.
Ce changement facilite la création de dépôts centralisés, mais pour plusieurs citoyens, il se traduit par un point de retour plus éloigné que celui qui existait auparavant dans leur quartier.
Un nouveau réseau qui avance plus lentement que prévu
Le calendrier imposé à l’OGD prévoyait une montée progressive du réseau, avec 100 lieux au 1er septembre 2025, 200 au 1er mars 2026, 300 au 1er septembre 2026 et 400 au 1er mars 2027.
Or, selon La Presse, seulement 140 points de retour Consignaction étaient ouverts en mars 2026. L’obtention difficile de permis municipaux ayant accentué ce retard.
Par ailleurs, la troisième phase du déploiement, prévue pour le 1er mars 2027, ajoutera les contenants de boisson prêts-à-boire en verre, de 100 ml à 2 l qui ne sont pas consignés actuellement et les contenants de boisson prêts-à-boire en carton multicouche, de 100 ml à 2 l. Le réseau devra alors être en mesure de traiter un volume accru.



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