La consigne élargie progresse, mais son réseau ne suit pas. Entre les épiceries qui se retirent et les dépôts de consigne qui ouvrent au compte‑gouttes, des citoyens peinent désormais à trouver un point de retour près de chez eux.
Par Juliet Nicolas
On peut lire des commentaires dans les groupes de quartier qui résume bien le sentiment général : « Le dépôt pour recyclage de cannettes et bouteilles de plastique du Marché Richelieu est maintenant définitivement fermé.Il va falloir se rendre en basse ville sur la rue St-Joseph pour échanger notre 2$ … »
D’autres résidents dénoncent un système qui, selon eux, « crée des problèmes plus qu’il n’en règle ». Ces réactions traduisent une inquiétude réelle. En effet, plusieurs épiceries cessent de reprendre les contenants.Cette situation découle directement du règlement modifié en 2025, qui a retiré l’obligation pour plusieurs détaillants de reprendre les contenants consignés.
Les épiceries se retirent du système
En 2025, le gouvernement du Québec a confié à l’Association québécoise de récupération des contenants de boissons (AQRCB), qui opère sous la marque Consignaction, la mise en place d’un nouveau réseau de dépôts dédiés à la consigne.
Les épiceries, ne sont désormais plus tenues de reprendre les contenants. Elles peuvent donc retirer leurs machines ou fermer leurs comptoirs, en attendant que les nouveaux points de retour soient déployés.
Un réseau revu à la baisse
Initialement, le règlement prévoyait une augmentation du nombre minimal de lieux de retour à 1 500 en 2025. Mais le gouvernement a finalement décidé de maintenir ce minimum à 1 200 à compter du 1er mars 2025. Plusieurs points existants ont ainsi pu fermer sans être remplacés.
En outre, ces 1 200 lieux incluent des points de retour en vrac, pouvant représenter jusqu’à 25 % du réseau. Contrairement aux autres points où le remboursement est immédiat, le règlement autorise un délai de remboursement allant de 7 à 14 jours ouvrables.
Des points de retour plus éloignés
Les changements adoptés ont aussi augmenté la distance maximale permise entre un commerce et le dépôt qui le dessert. Dans les villes de 25 000 à 100 000 habitants, cette distance passe de deux à trois kilomètres. Dans les villes de plus de 100 000 habitants, elle passe d’un à trois kilomètres. Ce changement permet de regrouper plusieurs commerces autour d’un même dépôt, ce qui simplifie la gestion du réseau. Mais pour certains citoyens, cela signifie que le point de retour le plus proche se trouve désormais plus loin qu’avant.
Un nouveau réseau qui avance plus lentement que prévu
Le calendrier imposé à l’OGD prévoyait une montée progressive du réseau, avec 100 lieux au 1er septembre 2025, 200 au 1er mars 2026, 300 au 1er septembre 2026 et 400 au 1er mars 2027.
Or, selon La Presse, seulement 140 points de retour Consignaction étaient ouverts en mars 2026. L’obtention difficile de permis municipaux ayant accentué ce retard.
Par ailleurs, la troisième phase du déploiement, prévue pour le 1er mars 2027, ajoutera tous les contenants restants, notamment ceux en verre. Le réseau devra alors être en mesure de traiter un volume accru.



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