La question une fois posée fait pomper les uns et opiner du chef les autres. Dans leur rapport sur la fiscalité municipale, Monique Jérôme-Forget et Nicolas Marceau soutiennent, en gros, que les municipalités québécoises sont au bout du modèle, surtout à cause des infrastructures (routes, aqueducs, égouts, bâtiments municipaux) dont les coûts d’entretien sont prohibitifs.
Une chronique de David Lemelin
Leurs arguments? Pendant trop longtemps, les villes s’en sont tenues à des hausses qui suivent le rythme de l’inflation. Or, les coûts réels des infrastructures et de leur entretien a grimpé beaucoup plus vite. Ce décalage a créé un grave déficit accumulé d’entretien.
C’est vrai.
Et c’est que, en général, un politicien municipal veut annoncer un gel ou une hausse qui suit l’inflation. Au-delà de ça, le politicien fait une crise d’apoplexie, car ça menace sa réélection.
Est-ce un manque de courage politique et un refus de voir la réalité en face? Sans aucun doute. Mais, Marceau et Forget tournent les coins ronds.
Car, même si leur proposition ne consiste pas seulement à hausser les revenus municipaux, mais à forcer la main du gouvernement du Québec pour un financement de sa part plus stable (notamment par un fonds dédié), prévisible, plus simple et conséquent, ils font preuve de paresse.
En effet, hausser les revenus sans se demander ce qu’on peut faire autrement revient à reproduire quelque chose sans se demander comment on en est arrivé là.
Comme plusieurs l’ont dit, une hausse des revenus sans s’intéresser aux dépenses n’est pas cohérente.
D’une part parce que le provincial a une fâcheuse tendance à « domper » dans la cour du municipal certaines de ses responsabilités, sans le chèque conséquent qui vient avec (services sociaux, notamment).
Et puis parce que, on va se le dire, la promesse politique de construire quelque chose est un vieux réflexe. Faut bin promettre quelque chose! Mais, quand c’est le temps de l’entretenir, là, ça devient lourd…
Les coûts d’entretien sont un enjeu majeur pour les gouvernements, quels qu’ils soient, et ce simple point mériterait une réforme complète. Comment peut-on dépendre autant d’un tiers, alors que ceux qui paient pour ces excès, c’est vous pis moi?
En réalité, il faudrait revoir l’ensemble de l’œuvre. Ce ne serait pas nouveau… on réfléchit à la fiscalité municipale depuis des décennies. On a une bonne idée de ce qu’il faudrait faire… mais, il y a un obstacle : la réalité politique.
Aucun politicien ne veut faire campagne en promettant une hausse substantielle des taxes et Québec aime jouer au parent contrôlant envers les municipalités. Ça donne du pouvoir et la capacité de se donner du crédit, souvent sans le mériter. Entretemps, on néglige de revoir les façons de faire, parce qu’on pense de 4 ans en 4 ans, alors que les infrastructures sont un investissement qui affecte nos poches sur des générations.
En réalité, il faudrait pouvoir développer dans le futur en étant moins gourmand, plus réaliste et parcimonieux. Bref, en respectant notre VRAIE capacité de payer.
Mais, soyons honnêtes : seriez-vous prêts à voter pour un politicien qui ne promet que de la saine gestion?
Il le faudrait…


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