Plusieurs regroupements communautaires de la région de Québec pressent le maire Bruno Marchand de joindre le geste à la parole. Ces organisations demandent une accréditation municipale officielle pour l’ensemble des groupes d’action communautaire autonome ayant leur siège social dans la ville.
Louis-Alexandre Parent
Un appui public bienvenu mais insuffisant
Plus de 1 880 groupes communautaires se mobilisent depuis plusieurs semaines dans la province. Ils dénoncent un sous-financement chronique et des conditions de travail précaires. Ces éléments fragilisent le filet social du Québec. Le 2 avril dernier, une grande manifestation a rassemblé plus de 10 000 personnes devant l’Assemblée nationale.
Plusieurs élus ont profité de l’occasion pour exprimer leur solidarité. Le maire de Québec a publiquement appuyé la cause du milieu communautaire. Bruno Marchand a salué le travail de ces organisations. Il a affirmé qu’elles œuvrent « dans des conditions très difficiles pour protéger et animer notre filet social ». Le maire a également souligné que « nous avons besoin d’eux et de leurs miracles quotidiens ».
Les porte-paroles du milieu accueillent favorablement ces déclarations. Cette prise de position laisse cependant plusieurs regroupements régionaux perplexes devant l’inaction de la Ville.
Une reconnaissance municipale bloquée
Quatre grandes alliances interpellent directement l’administration municipale. Le Regroupement des organismes communautaires de la région 03 mène la charge, fortement appuyé par les groupes de femmes de la Capitale-Nationale. Le secteur de l’éducation populaire en action communautaire de Québec et de Chaudière-Appalaches s’ajoute au mouvement. L’Alliance des groupes d’intervention pour le rétablissement en santé mentale complète ce front commun.
Ces organisations déplorent le refus persistant du maire de reconnaître l’ensemble des organismes d’action communautaire autonome du territoire. L’administration municipale rejette un nombre croissant de demandes d’accréditation. La Ville justifie ces refus par des critères administratifs stricts. Elle prétend que la mission de certains groupes ne correspond pas aux compétences de son Service des loisirs, des sports et de la vie communautaire.
Des conséquences financières réelles
Ce statut officiel offre pourtant des leviers de base essentiels aux organismes de la région. Il donne un accès gratuit ou abordable au prêt de salles et de matériel d’intervention. L’accréditation permet aussi aux groupes de souscrire aux assurances de l’Union des municipalités du Québec. Ces avantages permettent d’économiser des centaines de dollars chaque année. Ces sommes allègent la pression sur des budgets déjà très serrés. Elles améliorent directement la capacité d’agir des travailleurs et des bénévoles.
Les signataires de la lettre ouverte rappellent un engagement électoral du parti du maire. La formation politique Québec forte et fière promettait de reconnaître davantage d’organismes communautaires lors de la dernière campagne. Les groupes demandent aujourd’hui au maire Marchand de respecter cette promesse. Ils l’invitent à élargir la politique de reconnaissance municipale de la Ville de Québec. Ils proposent d’inclure automatiquement tous les groupes d’action communautaire autonome déjà reconnus par le gouvernement provincial. Les organismes attendent maintenant des gestes concrets pour soutenir véritablement leur mission.

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