Chronique : La banlieue oubliée

Quoi qu'on dise par Martin ClaveauMartin Claveau (Photo : archives Carrefour de Québec)

Par Martin Claveau

Depuis que Bruno Marchand est devenu maire, en coiffant Marie-Josée Savard au fil d’arrivée, on peut dire qu’il a évolué.

Si, au départ, on lui reprochait de ne pas prendre position sur grand-chose, il faut admettre qu’il a complètement modifié son discours et le voilà devenu un véritable croisé de l’écologie.

Les prises de position vibrantes du maire sont légion et tournent maintenant pratiquement toutes autour des changements climatiques.

Pour une, la conseillère écologiste de Limoilou, Jackie Smith, apparait parfois décontenancée de ce changement de cap. Elle semble un peu se chercher un fonds de commerce, car le maire lui a subrepticement, pas mal, subtilisé le sien.

Moi, qui demeure au centre-ville et qui adhère plutôt aux grands principes des déplacements actifs, j’approuve donc plusieurs des « moves » de M. Marchand.

Cela dit, je trouve que ça va parfois un peu vite, mais cette façon de faire réjouit bien des citoyens plus jeunes. Alors, normal que moi, qui suis un vieux « mon oncle », je sois parfois un peu largué par tout ça.

Si auprès des urbains les propos du maire trouvent écho, je constate que, quand je discute avec ma « gang » de hockey et mes autres amis de la banlieue, ce n’est pas tellement le cas.

Plusieurs de ces amis semblent maintenant devenus résolument des anti-Marchand et me mentionnent qu’ils n’ont pas voté pour des pistes cyclables et des rues partagées partout. Ils ne comprennent pas d’où lui vient son mandat pour présider à de tels changements.

On me rappelle aussi que durant la campagne électorale Bruno Marchand passait son temps à dire qu’il ne voulait pas dicter au gens de quelle manière ils devaient se déplacer. Sa position sur ces questions était alors plus nuancée avant l’élection, mettons.

Cette espèce de gros bon sens qu’il avait plaisait à plusieurs et c’est sans doute une des choses qui lui a valu la victoire. Une fois en poste, j’imagine qu’il a vu la lumière ou je ne sais pas trop quoi, mais sa perspective a changé du tout au tout.

M. Marchand est plutôt en forme, alors qu’il prenne une position ferme pour le transport actif est plutôt de bon ton. Je crois aussi, personnellement, que le transport actif est bon pour la santé et pour la planète. Alors ça me convient.

Malgré que je sois d’accord avec plusieurs de ces propositions, j’ai quand même l’impression que M. Marchand gouverne présentement beaucoup pour les gens du centre-ville.

Je ne l’entends pas souvent parler de ceux de la banlieue. Alors il y aurait peut-être lieu de rééquilibrer les choses un peu pour leur montrer qu’il les comprend.

Mes amis de banlieue qui voient leur mode de vie menacé par tous ces changements qui se profilent ne sont pas dupes.

Si, dans ses discours, M. Marchand mentionne ne vouloir laisser personne derrière, ces gens, eux, se sentent précisément mis de côté et ça les choquent.

Quand on regarde ce qui se qui s’est passé au sud de la frontière, quand des populations ne se sentaient pas écoutées, il n’y a pas de quoi se réjouir.

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