Chronique : S’autodisqualifier

David Lemelin présente sa chronique Droit de citéUn premier voyage pour le maire Marchand qui fait beaucoup jaser. (Photo : Archives Carrefour de Québec)

Par David Lemelin

Wow.

Honnêtement, parfois, il faut que je me pince pour être certain de ne pas avoir lu un texte humoristique ou une satire. 

Mais non, elle a vraiment fait ça.

L’ancienne conseillère municipale Anne Guérette (avec qui je faisais campagne en 2013, époque où elle appuyait pourtant le tramway) a fini par avoir l’attention des journaux pour se présenter comme farouche opposante au tramway. En effet, depuis des mois et des mois, on peut lire ses commentaires, voir ses vidéos et apprécier ses « réflexions » sur le sujet.

La dernière initiative en lice? Un sondage… que dis-je, son PROPRE sondage qui prouve, selon elle, l’opposition des citoyens au tramway. 

Le bilan? En ligne pendant 14 jours, le sondage nous apprend que les gens qui fréquentent sa page appuient plus fortement le métro léger et le trambus (39 %), alors que le tramway ne récolte que 20,7 % des appuis. Pour elle, c’est donc clair et sans appel : les gens rejettent le tramway.

Remarquez, je ne nie pas du tout l’opposition et l’insatisfaction concernant le tramway. Je suis très lucide à ce propos. Et puis, je veux bien qu’on remette en question le tramway, qu’on pousse les promoteurs à s’expliquer, à justifier, à faire mieux et, au besoin, à corriger le tir. Mais, on ne peut pas, d’un côté, se plaindre du manque de sérieux et de rigueur du projet et, de l’autre, pondre un sondage dont la crédibilité avoisine le zéro absolu. 

Un sondage, quand c’est bien fait, c’est fiable. D’ailleurs, suffit de regarder les projections de Québec 125 pour se rendre compte que, quand c’est mené avec rigueur, les prévisions se confirment.

Or, le sondage d’Anne, lui, propose notamment une question ou elle présente le tramway comme étant responsable de « destruction majeure de la nature », tout en évoquant au passage les « coûts d’opération moindres » et une « flexibilité maximale » pour parler du métro léger et du trambus.  

Et ça vient de quelles données probantes, tout ça?

C’est, pour résumer, la définition même du sondage bidon.

Certes, elle admet qu’il n’y a rien de scientifique à son exercice, s’étant servie de Facebook pour sonder les gens, un outil dont la principale force est pourtant d’agglutiner les gens qui pensent la même chose

Rien que ça.

Qu’à cela ne tienne, au peu de vertu scientifique de son sondage, la dame réplique que « ce n’est pas parce qu’on a un sondage scientifique qu’il n’y a pas de biais ».

D’eh…

Le biais est mesuré et pris en considération dans une étude scientifique. À un point tel qu’on rejettera ladite étude si elle ne répond pas aux standards et ne passe pas le test de la critique des pairs.

Le plus drôle, c’est qu’elle prétend n’avoir aucun biais contre le tramway.

Là, j’ai ri.

J’avais en tête les images de son combat pour « sauver les arbres », campé par l’idée fixe de se battre contre le tramway. Ouais, aucun biais…

L’ennui, c’est que lorsqu’on réclame de la rigueur et du sérieux, il faut en faire preuve soi-même, fois 1000, pour être crédible. Alors, on ne peut pas utiliser à la légère les mots « propagande » et « tripotage de chiffres ». Il faut se présenter avec autre chose qu’une vidéo où on fait un ti-dessin sur une carte pour montrer ce que serait un projet « crédible » de transport collectif. Et un sondage bidon et beaucoup de colère ne suffisent pas.

En fait, ça ne va pas du tout.

Qu’est-ce que tout ce cirque, direz-vous? On pourra croire que c’est un manque d’attention. C’est possible. Elle m’a toujours donné l’impression d’avoir envie de fédérer les mécontents pour repartir en campagne. C’était la stratégie de Duhaime, d’ailleurs.

Pour démontrer tout son manque de sérieux, elle répond qu’elle ne transmettra pas sa collecte de données à la Ville. Elle n’a pas confiance.

Ah oui?

Pour résumer le tout, je dirais que, à part s’autodisqualifier complètement du débat, je ne vois pas à quoi tout ce cirque a servi.

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