La coalition Non au troisième lien invite les citoyens à signer leur pétition

Parlerons-nous encore longtemps du 3e lien ? (Photo : JP Bourdages)

La coalition Non troisième lien demande au prochain gouvernement de prendre au sérieux « les impacts environnementaux associés à l’ajout de capacité autoroutière », soit l’augmentation de gaz à effet de serre.

La coalition a été initiée en mai 2021 par Accès transports viables, le Conseil régional de l’environnement – région de la Capitale-NationaleÉquiterre, la Fondation David SuzukiTrajectoire Québec et Vivre en Ville.

Les membres s’inquiètent de voir émerger dans l’espace public des affirmations « qui semblent aller à l’encontre des consensus scientifiques existants ».

Selon eux, il est courant d’entendre des arguments fallacieux concernant la lutte aux changements climatiques, la réduction de gaz à effet de serre (GES) et la pollution de l’air.

« Il est malheureusement courant d’entendre des arguments à l’effet que le troisième lien permettra de diminuer les émissions de GES, que ce soit en améliorant la fluidité des réseaux routiers ou grâce à l’arrivée de véhicules entièrement électriques », peut-on lire dans leur communiqué.

Équiterre condamne le projet

À ce titre, la coalition cite un rapport publié mercredi le 14 septembre dernier par Équiterre qui permettrait de démontrer que « le projet de troisième lien ne franchit pas la note de passage d’un test climat ».

Rappelons toutefois que les études sur le projet n’ont toujours pas été rendu publiques par la CAQ. On peut ainsi lire dans l’étude que « en l’absence de données fournies par le promoteur du projet, cette analyse qualitative a été menée à l’aide de grands principes faisant consensus en matière de transition écologique et tenant compte d’un éventail d’impacts possibles du projet ». 

À court terme, le rapport affirme que le troisième lien pourrait améliorer la fluidité, mais qu’il mènerait à moyen ou long terme une augmentation de l’étalement urbain (particulièrement à Lévis) et de la congestion (donc des émissions). L’étude estime que le projet ne permettrait pas de placer le Québec sur la voie de la carboneutralité, en plus de représenter « une quantité astronomique de déchets ».

Dans le cadre de cette analyse qualitative, le projet reçoit une note totale de 24 sur 75 (32%). « Il ne devrait pas aller de l’avant si l’on souhaite agir en bon gestionnaire et avec cohérence dans la lutte contre la crise climatique », conclut Marc-André Viau, le directeur des relations gouvernementales d’Équiterre.

Le rapport Paving Paradise du projet d’autoroute 413 en Ontario

Le groupe cite en exemple ce qu’il qualifie d’un « inquiétant rapport » : Paving Paradise. Celui-ci a analysé le projet d’autoroute 413 en comparant un scénario Business-As-Usual, basé sur le mélange actuel entre véhicules à essence et électriques, et un scénario Optimistic Electrification, basé sur une atteinte des objectifs fédéraux en matière d’électrification.

Les conclusions du rapport sont que d’ici 2050, dans le premier scénario, les véhicules empruntant l’autoroute 413 émettraient un total de 17 millions de tonnes de GES en 30 ans. Dans le cas du scénario Optimistic Electrification, les véhicules en émettraient un total de près de 13 millions.

« Oui, l’électrification aide à réduire les GES émis, mais ce n’est pas une panacée : elle ne les fait pas disparaître entièrement », commente à cet égard Angèle Pineau-Lemieux, porte-parole d’Accès transports viables et membre de la coalition.

Il faut aussi selon elle prendre en compte l’étalement urbain « qui mène à développer des quartiers plus étendus, moins mixtes, plus dépendants à l’automobile et moins favorables aux transports collectifs et actifs ».

Le rapport Paving Paradise a été mis en oeuvre par l’organisation Environmental Defence, une organisation qui « défend l’eau propre, un climat sain et des communautés en santé ».

Et la qualité de l’air ?

De plus, la coalition s’inquiète de voir que les impacts en matière de qualité de l’air liés à la présence autoroutière semblent évacués des débats.

« Les modélisations du rapport Paving Paradise montrent que les coûts associés en dommages cumulatifs liés à la pollution de l’air causée par le projet d’autoroute 413 pourraient atteindre 1 à 1.4 milliards de dollars », soulève Patricia Clermont, coordonnatrice de l’Association québécoise des médecins en environnement et membre de la coalition.

La coalition nationale Non au troisième lien invite tous ceux qui sont intéressés à signer la pétition, désormais rendue à plus de 50 000 signataires, sur le site nonautroisiemelien.quebec.

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