CAHOTEUX (MAIS CONNU) PARCOURS DU TRAMWAY

David Lemelin

J’ai beau avoir lu et relu nombre d’articles, d’entrevues, de livres, d’études et de documents qui ont clairement abordé la question des contestations qui surviennent lors des grands chantiers du type « réseau structurant », j’avoue être presque fasciné par l’obstination et la détermination de certains. Voire de plusieurs.

Par David Lemelin

Oui, on savait. On s’en doutait. Mais, le savoir et le vivre… c’est deux choses. Déjà, les critiques sont fortes et soutenues… et la ville n’est pas encore éventrée!

Évidemment, il y a les opposants naturels au transport collectif ou aux idées qui tendent à réduire l’emprise du règne de la voiture. Ça, on savait. On les entend à la radio, notamment, depuis des décennies, commanditaires obligent. On savait aussi que celles et ceux directement concernés par le tracé allaient probablement lever la main. C’est fait : on peut les lire et les voir réagir, entre autres, sur les réseaux sociaux. C’est normal, ils sont les premiers concernés et peuvent légitimement se demander ce que leur chez eux deviendra.

Et puis, il y a les commerçants, bien sûr, qui craignent pour leurs revenus pendant les travaux. La Ville qui compense les pertes, ça s’est vu. Mais, on peut aisément comprendre les craintes, tout en s’encourageant par les exemples qui viennent d’ailleurs, comme celui de Bordeaux, qu’on nous sert très souvent.

Là-bas, le tramway est non seulement désormais accepté, mais « les gens n’imaginent pas la ville sans tramway, aujourd’hui », répond l’ancien maire Alain Juppé. Et ça, c’est les commerçants, y compris.

Bon.

Ça n’arrêtera pas la critique. De fait, elle ira en augmentant, sans cesse, jusqu’à la fin des travaux. Au passage, il y a ceux qui veulent se faire un peu de capital politique (le mécontentement, c’est un carburant de premier choix pour un.e élu.e ou un.e candidat.e), d’autres qui chercheront des poignées n’importe où, quitte à opter pour les tribunaux, pensant qu’ils pourront, avec eux, freiner les élus. Bonne chance!

Au fond, ce que l’on observe, une fois de plus, c’est à quel point il est difficile de changer des habitudes. L’humain a horreur de ça, surtout quand il n’est pas convaincu que ce sera pour le mieux.

Dans ce cas, la désinformation est probablement l’arme la plus dangereuse et la plus puissante. Les capsules vidéo se multiplient, de même que les « analyses » qui, à la manière des complotistes antivax, pensent avoir découvert ce que les méchants politiciens veulent nous cacher.

On connait…

Pour surmonter tout cela, que reste-t-il ? L’information, la communication, la pédagogie… y’a pas d’autre secret! La Ville de Québec et le bureau de projet sont à fond dans cette avenue et c’est tant mieux. Parler aux gens, expliquer, décortiquer, démystifier… y’a rien de plus pertinent à faire. C’est pas en traitant comme des idiots les citoyens qui s’interrogent qu’on y arrivera. La méthode Labeaume, à cet égard, était inefficace.

Donc, de la patience, de l’ouverture, du dialogue… voilà la stratégie retenue par celles et ceux qui ont hâte de voir le tramway traverser notre ville.

Mais, si vous vous demandez pourquoi les gens ont de la difficulté à se faire une tête claire sur le dossier du tramway, il y a un facteur important, outre la complexité et la taille du projet lui-même, et c’est le discours politique.

Par exemple, le candidat Bernard Drainville s’en va dire que le nationalisme de la CAQ pourra faire du Québec « un leader dans la lutte contre les changements climatiques ».

Il dit ça et il appuie le troisième lien.

Après, on s’étonnera que les gens soient confus…

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