La ville Alzheimer

Quoi qu'on dise par Martin ClaveauAura-t-on encore un Grand Marché à Québec après les fêtes? Voilà la grande question que plusieurs, comme Martin Claveau, se posent. (Photo : archives Carrefour de Québec)

Il est de bon ton de parler de changements climatiques et de la nécessité de diminuer notre empreinte carbone. Un peu tout le monde fait sa part sans trop se compliquer l’existence et ça donne ce que ça donne. On se désole tous de ça à des degrés divers. 

Par Martin Claveau

 Le problème, c’est qu’on les a déjà dans la face les fameux changements climatiques. Pour être en phase avec notre époque, on y gagnerait à adapter notre façon de vivre. Il vaudrait donc mieux passer du « Repentez-vous, la fin est proche », à « la fin du monde est là et on fait quoi maintenant ».  

Pas que je veuille arrêter de faire ma part et empêcher ma fille de ramasser des déchets dans la rue pour me donner bonne conscience, mais il me semble évident qu’à n’avoir de cesse de vouloir diminuer notre empreinte, on oublie peut-être de gérer le résultat de nos traces passées qui sont maintenant figées dans la glace carbonique comme Han Solo dans l’empire contre-attaque. 

Par exemple, la politique de déneigement de notre ville est une politique de… déneigement et c’est justement ça son problème. Le terme semble maintenant s’adapter de moins en moins à ce que nous vivons. Pour ne faire qu’un avec notre nouveau climat, on devrait peut-être dorénavant l’accoupler avec une politique de déglaçage, parce que ça arrive souvent que de la pluie tombe en hiver maintenant. 

Pour l’instant, les gens de la ville ont un peu l’air de poules pas de têtes à chaque verglas. Ce n’est certainement pas le fait qu’ils s’en balancent, mais peut-être plutôt qu’ils ne savent pas trop comment réagir et ça aussi, ça donne ce que ça donne.

À une époque où l’on nous vante les mérites de la ville intelligente, la nôtre semble pourtant l’être moins qu’elle ne le fut jadis.  Québec est une vieille dame et, malgré une plastique à faire pâlir d’envie les plus jeunes, elle nous donne parfois l’impression de souffrir d’Alzheimer.

Avant les fêtes j’écoutais parler sans rien dire le maire Marchand et le conseiller Internet Pierre-Luc Lachance. À les entendre, on croirait presque que nous sommes collectivement des débutants dans l’art de déblayer les rues. Dans les faits, ça fait pourtant des décennies qu’on fait ça non? 

Pour moi, l’intelligence consiste à apprendre de ses erreurs, pour ne pas les répéter.  Si ma définition est juste, ma ville semble donc être moins intelligente qu’elle ne l’était. 

 Les administrations publiques sont souvent lentes à s’ajuster aux changements et on en a des preuves éloquentes depuis deux ans. Comment se fait-il qu’individuellement, chacun de notre côté, nous savons que, quand il a neigé et que de la pluie survient, tout ça durcit et gèle?  Comment se fait-il que la plupart des gens savent qu’il vaut mieux pelleter la neige mouillée, avant qu’elle ne gèle? Comment se fait-il que la ville multiplie les cafouillages comme si elle n’avait jamais vu ça?

À mon sens, quand il y a du verglas, les chenillettes devrait quadriller les rues et les trottoirs pour éviter que la glace prenne et que tout le monde et son chien jouent à Bambi sur les trottoirs.  La pire des solutions pour faire face au verglas est d’attendre qu’il soit terminé car il n’y a plus rien à faire et on est pris avec. Je rêve sans doute en couleur, mais il me semble que ça serait un peu ça, être une ville intelligente.

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