Le risque des maisons des aînés

Trois organismes ont sonné l'alarme sur la construction des maisons des aînésSur le site de la construction d'une maison des aînés sur la route de l'Église à Sainte-Foy. Photo : Sophie Williamson.

Nature Québec, l’Association québécoise des médecins pour l’environnement ainsi que La Planète s’invite en santé sonnaient la sonnette d’alarme ce mercredi quant aux projets de maisons des aînés.

Les complexes élaborés par le ministère de la Santé et des Services sociaux représentent selon eux un danger dû à la coupe de plusieurs centaines d’arbres matures et de la perte de contact avec la canopée. 

Un modèle qui ne respecte pas la « justice climatique »

Cyril Frazao, directeur exécutif de Nature Québec, explique que l’association de Nature Québec avec les professionnels de la santé vise à « mettre en alerte concernant le modèle des maisons des aînés ». Ce modèle impliquant la destruction des arbres représente un danger selon le directeur puisque les arbres sont une solution aux crises que le Québec vit actuellement.

« Ils permettent de s’adapter au changement climatique, d’améliorer la biodiversité et ils sont aussi un outil salvateur pour avoir une santé mentale et physique plus appropriée », affirme Cyril Frazao. 

La forêt urbaine est selon lui un « outil de résilience pour les municipalités » puisqu’elle permettrait de protéger les plus vulnérables, dont les aînés.

« Le modèle de la CIUSS va à l’encontre de meilleures solutions pour notre santé », suggère le directeur de Nature Québec. 

« Québec est plus en mode performance que qualité tandis que des médecins sont là pour prendre la parole, prescrire de la nature, qui recommandent d’avoir plus de service à domicile et un des services c’est la nature », poursuit-il. 

Dr Éric Notebaert, vice-président de l’Association québécoise des médecins pour l’environnement, affirme qu’il est « inconcevable de détruire des boisés ». « Les boisés contribuent à diminuer le taux de mortalité en période de canicule, puisqu’ils captent les polluants », explique-t-il. 

C’est aussi selon lui une question de « justice climatique ». « Toute personne devrait pouvoir vivre à moins de 300 mètres d’un boisé d’une grandeur d’un hectare », précise-t-il. 

« Les aînés n’ont pas le temps »

Cyril Frazao explique que l’ajout de jeunes arbres compensera les effets positifs des arbres matures qu’après 50 ans. « Les aînés ont besoin maintenant d’une qualité de vie pour leur permettre d’avoir une vie active », affirme-t-il. 

« Les ilots de fraicheur sont fondamentaux, ajoute Dr Éric Notebaert, et les 2/3 des personnes qui décèdent en période de canicule ont 65 ans et plus. »

Selon le docteur, la conservation des arbres permet aux personnes âgées d’être « plus mobiles et actifs, de diminuer l’obésité, les problèmes cardiaques, le stress et les problèmes cognitifs ». 

Cyril Frazao affime que la « conservation de la nature ne devrait jamais être en opposition avec le vieillissement en santé », mais « devraient être corrélés pour avancer vers un avenir vert et en santé ». 

Aucune consultation citoyenne 

Marie-Hélène Felt, citoyenne du quartier, raconte qu’il n’y a eu aucun préavis avant la mise en œuvre du projet. 

« La coupe massive des arbres de la paroisse et de la communauté a pris les citoyens de court », affirme-t-elle. Les gestionnaires auraient affirmé que les arbres étaient malades avant que ces affirmations soient réfutées par un expert dit compétent. 

« Nos mobilisations n’ont rien données, raconte Marie-Hélène Felt, puisque le CIUSS répondait que le projet était déjà optimal. »

Faire des maisons des aînés « intelligemment »

« On n’est pas contre les maisons des ainés, affirme Dr Éric Notebaert, mais celles proposées n’ont aucun sens ». Selon lui, la crise du climat ne peut pas attendre. 

« L’urgence climatique c’est maintenant que ça se passe », assure Cyril Frazao.

Il semble que trouver des solutions concernant le problème des résidences pour personnes âgées au Québec soit aussi urgent. 

La citoyenne du quartier suggère que le projet aurait pu être adapté au terrain et déplore le fait que le CIUSS ait conçu un seul modèle qui s’applique partout. « Ils auraient pu construire plusieurs petites maisons et conserver les arbres », indique-t-elle. 

Dr Éric Notebaert propose que les maisons des aînés soient construites en déminéralisant les sols « comme il se fait dans beaucoup d’endroits dans le monde ». 

Les « bucherons de l’asphalte », soit ceux qui prennent des espaces de stationnement pour les transformer en milieu de vie en plantant des arbres représente selon lui « la façon dont on doit penser maintenant ». Cette « densification intelligente » est selon lui l’alternative idéale au modèle actuel. 

On imagine toutefois que cette solution comprend plusieurs étapes intermédiaires avant la construction d’une maison pouvant effectivement accueillir plusieurs centaines d’aînés. 

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