Sol Zanetti fait le point

Sol ZanettiSol Zanetti, député de Jean-Lesage

Par Gabriel Côté

Voici l’une des personnalités à coup sûr les plus intrigantes de la ville de Québec. M. Sol Zanetti, député de la circonscription de Jean-Lesage, a accordé un entretien téléphonique au Carrefour. On lui a demandé, tout simplement, de parler un peu de lui. 

Tout de suite, il est clair que l’homme est indissociable de son engagement politique, et qu’on ne peut pas parler de l’un sans parler de l’autre.

« C’est ce dont je suis le plus fier, observe-t-il. Militer pour l’indépendance du Québec, c’est le centre de ma vie depuis un bon bout. »

Rappelons qu’avant d’être élu à l’élection générale de 2018, M. Zanetti avait tenté sa chance à quatre reprises depuis 2012. Il le fit d’abord sous les couleurs d’Option Nationale, parti dont il fut le chef, puis finalement avec Québec Solidaire. 

– Ce n’était pas décourageant, de se faire dire non encore et encore ?  

– Ce qui est difficile n’est pas nécessairement déprimant, explique-t-il. La société nous propose des remèdes simples à toute sorte de maux, alors on est habitué à emprunter des voies faciles. Mais le problème des solutions trop commodes, c’est qu’elles sont souvent inefficaces, voire destructrices. Selon moi, l’espoir c’est un choix, et c’en est un qui demande du courage. 

La vie d’avant

Il y a eu une vie avant la politique. 

– J’ai enseigné la philosophie pendant quelques années. Mais avant d’avoir un contrat, j’ai travaillé comme intervenant en santé mentale. 

–  D’où vous est venu cet intérêt ?

– Eh bien, mon père était psychologue, alors ça a peut-être quelque chose à voir là-dedans. C’est surtout que j’ai été préposé aux bénéficiaires à Robert-Giffard (maintenant l’Institut universitaire en santé mentale de Québec) pendant mes études. 

Cette expérience lui a ouvert des horizons, et lui a fait découvrir certains enjeux.

« Comment est-ce qu’on considère la santé mentale ? Actuellement en tout cas, on y consacre seulement 6 % du budget en santé, déplore le député. La tendance générale est à traiter les problèmes psychiatriques exclusivement dans une optique physiologique. Ça fait qu’on minimise l’importance de la parole. Or, j’ai le sentiment qu’il y a quelque chose comme un besoin humain de parler qui est trop souvent négligé. »  

Les lectures du député Zanetti

Questionné au sujet des lectures qui ont marqué sa vie, le député évoque d’abord J’accuse l’économie triomphante d’Albert Jacquard, avant de vanter les qualités du recueil Québec Libre ! Entretiens politiques avec Pierre Falardeau. « La voix de Falardeau, lance-t-il, c’est l’éthique de l’homme qui n’a pas peur. »

Il mentionne aussi des Lettres à une jeune poète de Rilke, où il voit une « réflexion sur l’amour, la solitude et le difficile ». 

« C’est un livre qu’il faut lire après 28 ans, médite-t-il. Parce que rendu là, c’est presque impossible de ne pas avoir vécu de grand chagrin. » 

Père depuis peu

Parlant de chagrin, des pleurs difficiles à ignorer commencent à se faire entendre.

– Excuse-moi, s’interrompt-il, je reviens, le bébé crie très fort… 

Sa fille Louison est née en octobre. Cet heureux événement a donné un sens encore plus précis à son engagement. « J’ai toujours senti que je faisais ce que je faisais pour les générations futures » raconte-t-il, avant de remarquer : « Ça vient de prendre un visage très concret. »

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M. Sol Zanetti répond à quelques questions du Carrefour

Avez-vous un plaisir coupable ?
Oui et non : j’en ai beaucoup, mais je ne me sens pas coupable. Si j’avais à en nommer un seul, je dirais que je revisionne chaque année les trilogies de Star Wars et du Seigneur des anneaux. Ce sont des films inspirants pour le militantisme, car ils mettent en scène des gens qui font preuve de courage éthique dans des situations désespérées. 

Avez-vous un talent caché ?
SZ : Je fais un excellent limoncello, à partir d’une recette de ma grande-tante italienne centenaire. 

Qu’est-ce qui vous enchante ?
SZ : Voir des jeunes militer pour l’indépendance du Québec

Qu’est-ce qui vous désespère ?
SZ : J’essaie de ne pas laisser de prise au désespoir, mais au quotidien, à l’Assemblée Nationale, le spectacle qu’offrent nos instituions démocratiques me fatigue un peu. On est supposé travailler ensemble, mais trop souvent, le gouvernement fait ce qu’il veut et l’opposition n’a pas vraiment de voix. 

Photo : Courtoisie, Québec Solidaire

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