L’expo «Turner et le sublime» enfin présentée au MNBAQ

Des tableaux de William TurnerDes oeuvres de Turner au MNBAQ. Photo: Idra Labrie/MNBAQ

Montcalm — Alors qu’elle devait à l’origine prendre l’affiche au Musée national des Beaux-Arts du Québec (MNBAQ) tout d’abord en juin et puis en octobre 2020, l’exposition Turner et le sublime est enfin accessible au public en ce 10 février. Les amateurs pourront y admirer les œuvres du peintre, aquarelliste et graveur anglais William Turner, connu pour ses paysages saisissants.

Cette exposition majeure, présentée en exclusivité canadienne à Québec, est organisée en collaboration avec les musées Tate de Londres à partir du Turner Bequest, que l’on pourrait traduire par « legs Turner », composé de plus de 30 000 œuvres. C’est une occasion unique de voir des pièces exceptionnelles, qui circulent peu hors de l’Angleterre.

Né dans une famille pauvre, Joseph Mallord William Turner (1775-1851) va travailler notamment pour des architectes et des marchands de gravures dans sa prime jeunesse tout en étudiant à l’école des beaux-arts de la Royal Academy de Londres. Il réalise son chef-d’œuvre Pêcheurs en mer alors qu’il n’a que 21 ans. Au fil des ans, son style se modifiera, mais la nature restera au cœur de son travail. Chaque été, le peintre voyage pour s’inspirer. Il peindra ainsi Venise, entre autres.

« Sa maîtrise de la perspective, du dessin, son œil pour rendre la lumière, son savoir-faire, il les a eus très très jeune », soutient ANNIE GAUTHIER, directrice des collections et des expositions au MNBAQ, en entrevue.

« Turner était vraiment l’un de ceux qui ont rénové l’art du paysage au début du 19e siècle en Angleterre. Il y en a d’autres, évidemment, comme John Constable, son grand ami et rival tout à la fois. Turner a renouvelé l’art du paysage. Il est parti du paysage hollandais – il y avait déjà une tradition hollandaise du paysage et il y avait aussi le fameux paysage topographique anglais – mais Turner amène le travail beaucoup plus loin, de façon plus intellectuelle, plus sentie, pour faire un paysage qui est beaucoup plus romantique, plus dramatique, plus émouvant », raconte ANDRÉ GILBERT, conservateur aux expositions du MNBAQ, lors de la visite de presse, le 9 février.

Le sublime

Forces de la nature qui se déchaînent, noirceur et lumière, paix et chaos se côtoient dans les œuvres de l’Anglais. « On vous convie à des contrastes », dit d’ailleurs Mme Gauthier au sujet de l’exposition.

Cette dernière prend son titre d’un concept central de l’esthétique et de la critique d’art de la fin du 18e siècle en Allemagne et en Angleterre : le sublime. Ce dernier va se propager ensuite en Europe au 19e siècle. Le sublime, c’est la beauté fondée sur l’émotion ressentie devant les forces de la nature.

« C’est le sentiment que nous sommes devant les forces naturelles les plus grandes », d’ajouter M. Gilbert.

L’exposition est divisée en six sections, chacune est inspirée de moments-clés ou de lieux-clés dans la carrière du peintre, précise M. Gilbert.

Chefs-d’œuvre

L’exposition comprend plusieurs chefs-d’œuvre de l’artiste, comme Lumière et couleur – La théorie de Goethe (1843), de même qu’une sélection de gouaches et d’aquarelles d’une qualité exquise, selon le MNBAQ.

Cet ensemble exceptionnel de 75 peintures et œuvres sur papier couvre la plus grande partie de la carrière de Turner, de ses débuts dans les années 1790 jusqu’à son apogée vers 1840.

Parmi celles venues du Royaume-Uni, une œuvre de Turner qui figure dans l’exposition fait partie des collections du MNBAQ : Scène dans le Derbyshire (1827). Il s’agit d’un don de la succession de feu Maurice Duplessis, à la fin des années 50. Le défunt premier ministre du Québec était un avide collectionneur d’art. Une rare occasion de voir une œuvre phare de la collection d’art européen du MNBAQ!

Expérience immersive

Trois installations vidéo immersives permettent de pousser « l’expérience Turner » plus loin, chacune est inspirée d’une œuvre de l’artiste.

Le vidéoscéniste Lionel Arnould (Ex Machina, Le Trident, entre autres) et la firme de création sonore Peak Media ont conçu ces œuvres qui nous amènent dans l’univers du peintre tout en faisant écho au présent.

Renseignements

Turner et le sublime est à l’affiche au MNBAQ du 10 février au 2 mai 2021, au Pavillon Pierre Lassonde.

Un parcours audio (gratuit) ainsi que des conférences et des rencontres en virtuel (payantes) seront aussi offerts. De plus, pour amuser vos jeunes durant la relâche, un atelier, Lumineux paysages, sera présenté du 1er au 5 mars au coût de 5$ par famille.

Le catalogue de l’exposition est en vente à la librairie-boutique du MNBAQ au prix de 49,95$.

Pour plus de renseignements, consultez le site du MNBAQ.

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