Le Cinéma Cartier perd presque 75% de ses recettes

Une perte d’environ 75 % des recettes engendrées cette année pour le Cinéma CartierUne perte d’environ 75 % des recettes engendrées cette année pour le Cinéma Cartier

Le Cinéma Cartier est fermé depuis la fin septembre. Après un deux semaines record au mois d’août, les recettes engendrées par l’entreprise se chiffrent entre 20 et 25 % de celles de l’année passée.

Le Cinéma Cartier, situé sur l’avenue Cartier, appartient à la compagnie Azur divertissement. Le cinéma compte cinq salles neuves entièrement rénovée et propose un répertoire varié. L’entreprise possède également deux autres cinémas en Estrie. « Présentement, nous sommes fermés, donc c’est certain que ça ne va pas bien », mentionne YVAN FONTAINE, président chez Azur divertissement.

Le Cinéma Cartier a donc été ouvert cet été, soit de juillet à la fin septembre. « Au début, nous n’avions pas de nouveaux films à présenter. Au mois d’août, nous avons eu deux films québécois et un film américain au programme. Lors de ces sorties, nous avons dépassé les recettes enregistrées de la même période l’année passée. Tout ça n’a duré que deux à trois semaines, car par la suite, nous n’avions plus de films. Donc, nous sommes à 20 %, voire 25 % des recettes de l’année passée », explique le président. L’entreprise a mis à pied temporairement ses employés à cause de la fermeture.

De plus, nous avons vécu une autre problématique lorsque les grands centres comme Montréal et Québec ont été fermés. Les distributeurs ont arrêté les sorties de nouveaux films. Or, les cinémas n’ont d’autres choix que de s’alimenter chez ces mêmes distributeurs. Ce qui a occasionné un problème pour les deux cinémas situés en Estrie. « Le gouvernement n’a pas pensé qu’en fermant Montréal et Québec, les distributeurs de films n’en sortiraient plus de nouveaux. Donc, même si mes deux cinémas en Estrie étaient en zone orange, je n’avais plus de films à présenter. L’alimentation est unique pour tous les cinémas et nous ne pouvons pas nous alimenter ailleurs. Donc, nous sommes demeurés ouverts longtemps en présentant de vieux films. Si nous fermions nous-mêmes, il s’agissait d’une fermeture volontaire. Ce faisant, nous n’aurions pas droit à l’aide gouvernementale », précise M. Fontaine.

Des recettes catastrophiques pour le vidéo sur demande

Quelques entreprises cinématographiques ont pu se réinventer en rendant disponibles les films sur la plateforme PVOD (Premium Video On-Demand). C’est le cas notamment du film Mulan, diffusé sur la plateforme Disney +. Pour visionner le film, les cinéphiles doivent payer un abonnement à Disney + (10 $ par mois), en plus de débourser 20 à 30 $ supplémentaire pour le film lui-même. « Les recettes sur ces plateformes sont catastrophiques. Ils l’ont tous fait au Québec durant le premier confinement. Puis, des gens du milieu me mentionnaient que ça ne payait même pas le loyer. La plupart des films québécois s’ils ne sortent pas en salle, ne sont souvent pas connus. Nous perdons de plus toute l’expérience de la salle quand nous le vivons chez nous », souligne Yvan Fontaine.

Une incertitude qui a des conséquences

Même si les cinémas pouvaient ouvrir demain matin, les salles ne seraient pas prêtes à accueillir des films. Comme pour les évènements, il faudra du temps et de l’organisation avant de pouvoir repartir la machine. L’incertitude qui plane présentement crée un problème supplémentaire aux propriétaires de cinéma. « Le plus gros problème que nous vivons, c’est l’incertitude. Il n’y a jamais de date annoncée, par exemple, si le gouvernement annonce le 8 janvier que nous pouvons ouvrir le 12 janvier, nous ne sommes pas prêts : les films ne sont pas disponibles. Ça requiert beaucoup d’organisation que [le gouvernement] ne semble pas comprendre. De plus, les films ont besoin de campagnes de promotions de deux à trois semaines. Alors, même si ça repart, il faudra un minimum deux semaines pour avoir des films, alors, nous faisons quoi entre les deux ? », conclut M. Fontaine.

Photo : Courtoisie

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