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Sabrina Sirois
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Sarah Toussaint-Léveillé : Pour Les Flocons Solitaires

SARAH TOUSSAINT-LÉVEILLÉ aurait aimé enregistrer son récent EP, «La solitude des flocons», dans son appartement pour que ses chansons soient imprégnées de cette ambiance enveloppante et chaleureuse.  Elle a fait appel à THIERRY GAUTHIER, qu’elle qualifie de bras droit, pour mener à bien ce projet.  Ce dernier possédait un studio chez lui et ce son qui lui tenait à cœur a pu être préservé.  «J’avais le goût que ce soit comme de petits oreillers sur lesquels tu appuies ta tête».

Susy Turcotte : «La solitude des flocons» est un album empreint d’espoir et  d’empathie.

Sarah Toussaint-Léveillé : Oui, il y a de la vulnérabilité et des deuils. C’est le genre de thèmes qui me touchent quand j’écoute des chansons. Ça me fait du bien. Je me sens moins seule quand j’entends des textes qui proposent une certaine introspection. Mon EP finit sur une ouverture de lumière, une percée lumineuse, même en présence de mélancolie.

S.T. : Tu chantes «Il pleut des haïkus sur la ville» dans «Haïku», la pièce qui ouvre l’album. Tisses-tu un parallèle entre le haïku et le flocon?

S.T.-L.: Un haïku, c’est un poème vraiment simple, mais qui dit beaucoup en allant droit au but. Ce sont des images fortes, libres d’interprétation. J’ai l’impression parfois que les humains sont un peu des haïkus. C’est difficile de cerner des personnes. Cette chanson-là, c’est une personne qui observe une autre personne. Parfois j’imaginais un itinérant, quelqu’un qui vit dans la rue, ou un enfant, un orphelin. J’étais habitée par cette idée de quelqu’un qui est déraciné, qu’on ne perçoit pas à sa juste valeur et à qui on ne porte pas suffisamment attention. Les haïkus, c’est un peu comme des flocons aussi. C’est une voix qui fond, qu’on n’a pas le temps d’attraper au vol ni d’entendre.

S.T. : Dans «Les vieux chats» qui clôt l’album, j’adore ce passage : Parfois c’est plus intime de partager le silence / On ne dit plus un mot pourtant l’on croirait s’entendre.

S.T.-L. : «Les vieux chats», c’est vraiment une petite bulle dans laquelle sont blotties deux personnes qui se connaissent peu qui se rencontrent et passent une nuit ensemble sans se consommer. C’est rare qu’on est à l’aise d’être silencieux avec les gens. Quand tu es à l’aise d’être silencieux avec une personne, c’est qu’un lien s’est établi avec l’autre. Ces deux personnes sont dans la quarantaine, ayant vécu, mais ayant quand même beaucoup de temps devant eux. Ils sont «lendemain de veille». Il y a des silences, ils sont fatigués et n’ont pas nécessairement l’énergie de meubler le silence sans arrêt. Le temps s’est un peu suspendu.

Sarah aimerait qu’en cette période hivernale propice au recueillement, ses chansons enrobent de douceur les «flocons solitaires». Ce EP, dont elle a assumé la réalisation, est maintenant disponible partout en streaming, ainsi que sur Bandcamp et Patreon. 

Photo : Flamme

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