Sabrina Sirois
Recyc-Québec
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La Ferme Bédard-Blouin mène les valeurs de l’agriculture urbaine

Beauport – Le copropriétaire de la ferme Bédard Blouin, située au 2157 du boulevard Louis XIV, Nicolas Bédard témoigne des engagements pris pour leur nouveau centre de la petite enfance. Plusieurs partenariats pour encourager l’agriculture urbaine les intègre à la communauté de Québec. 

Un centre de la petite enfance nommé les Pouces verts est ouvert dans une maison ancestrale refaite sur le terrain de la ferme depuis le 19 août. «Mon frère est travailleur social et oeuvre pour Rêves d’enfants. Il est directement impliqué dans ce genre de milieu. On en riait au début, car on a 8 enfants dans la famille. On se disait : on pourrait se partir une garderie. L’idée est partie de là», raconte NICOLAS BÉDARD, copropriétaire de la ferme Bédard Blouin. En s’associant à une équipe qui voulait déjà trouver des locaux à Beauport, le concept de pédagogie par la nature s’est avéré gagnant pour eux. 

«Ce qu’on vise, c’est que les enfants puissent profiter de la ferme, de la forêt et des champs. On est producteurs en serre, on fait des fleurs, des fines herbes, des légumes et les enfants vont y avoir accès. Ils vont pouvoir nous voir travailler et observer la croissance des plants», détaille M. Bédard. «Pour vous donner une idée, il y a un champ de courges à côté du CPE. Les enfants vont avoir l’occasion de les voir tout l’automne. À la récolte, ils vont pouvoir être là», ajoute-t-il. Pour l’instant, les 75 places disponibles au centre sont prises et une liste d’attente est créée.  

Agriculture urbaine en expansion

Cet automne, l’autocueillette de citrouilles se poursuit comme chaque année. «Bon an, mal an, on vend plusieurs milliers de courges», mentionne Nicolas. En plus de leurs activités agricoles, les propriétaires contribuent à la valorisation de leurs activités en s’intégrant aux activités de la ville de Québec.  

M. Bédard explique que l’agriculture urbaine est une valeur forte au sein de sa famille. «On est agriculteur depuis 1941, la ville est venue à nous littéralement. Au fur et à mesure du développement urbain, les maisons se sont approchées de nous. On a été amenés à changer nos activités agricoles», confie-t-il.

Cette adaptation a provoqué le partage des valeurs concernant l’importance de la production agricole et des ressources naturelles dans la communauté. Partenaire avec Nature Québec, la ferme fournit des plants pour contribuer aux ruelles vertes dans le quartier Limoilou. Intégrer un peu de verdure dans le quotidien des citadins améliore l’architecture pauvre en régions végétalisées. «Je pense que ça aide à revitaliser ces quartiers», commente M. Bédard. D’autres projets d’éducation sont offerts en service-conseil, entre autres, aux écoles primaires et secondaires désireuses d’acquérir un potager par exemple. 

Culture des champs responsable

«Nous ne sommes pas certifiés biologiques pour le moment. Si on veut certifier l’une de nos cultures, c’est l’ensemble de ce que nous produisons qui doit être biologique. C’est notre premier défi considérant la diversité de nos cultures en champs», dit Nicolas. Il continu en mentionnant que les fraises et les framboises sont les fruits les plus ardus à produire sans pesticides, bien que l’équipe s’abstient d’en épandre, sauf en cas exceptionnel. 

«On cultive beaucoup d’espèces pour favoriser la biodiversité. Ça nous amène à avoir un contrôle naturel sur différents pathogènes, maladies ou insectes», ajoute-t-il. En ce qui a trait à l’autocueillette, les propriétaires trouvent d’autant plus important de réduire l’apport en agents chimiques pour favoriser un contact plus sain avec les plants. En termes d’engrais, certaines espèces comme les légumineuses enrichissent le sol de par leur capacité à absorber l’azote dans l’air pour enrichir le sol. Ce processus naturel évite l’usage d’engrais de synthèse sur une partie des terres. 

Le compagnonnage

«La punaise terne, un insecte ravageur, s’attaque aux boutons de fleurs des fraisiers et les coupes. Pour remédier à ça de façon naturelle, on plante de la luzerne dans les champs de fraises à certains intervalles. La punaise terne préfère la luzerne aux fraises. Leurs populations vont dans les bandes de luzerne au lieu des fraises. On diminue de beaucoup les dégâts et on est capable de vivre sans intervenir avec des pesticides», explique Nicolas Bédard.

Photos : courtoisie 

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