Sabrina Sirois
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Lou-Adriane Cassidy :  Ardeur au ventre

J’ai rencontré Lou-Adriane Cassidy au récent Festival de la chanson de Tadoussac, un endroit symbolique pour elle. Elle y a accompagné sa mère, Paule-Andrée, en spectacle, puis y est allée comme festivalière et comme participante aux Chemins d’écriture. Cette année, elle proposait les créations de son premier album C’est la fin du monde tous les jours, en plus d’oeuvrer auprès d’Hubert Lenoir. «Tadoussac est à la fois ressourçant et nostalgique.»

S.T.: Dans tes chansons, on sent que tu laisses respirer le silence. On a parfois l’impression qu’une chanson se termine puis elle est relancée avec ferveur.

L.-A.C. : Explorer plusieurs nuances est ce à quoi j’aspire. J’aime toucher les extrêmes, le grandiose comme le tout petit, le super individuel comme le rassembleur. Ce style me représente. Je suis quelqu’un d’un peu erratique, inconstant et intense. Et c’est peut-être ainsi que ça se manifeste musicalement. Encore une fois, mon désir d’aller dans les nuances.

S.T. : Ta collaboration avec Tire le coyote a engendré un bijou: Mon bel antidote.

L.-A.C. : Nous nous sommes rencontrés et avons échangé ensemble. Il m’a écrit cette chanson peu de temps après. J’adore la justesse et la poésie de son écriture très imagée, évocatrice. J’étais touchée. Ça parlait de moi, je me sentais proche de ce texte même si je n’en étais pas l’auteure.

S.T. : La pièce instrumentale Vivi est très touchante, douce passerelle entre Les amours immatures et Ce qu’il reste.

L.-A.C. : On écoutait «Les amours immatures» et Jessy Caron, le bassiste, a dit: «J’entendais vraiment une outro de piano jazz». Vincent Gagnon a improvisé. Tout le monde s’est mis à pleurer en studio. Ce moment de grâce témoigne du climat immersif dans lequel nous étions plongés.

S.T. : Chanter avec Hubert Lenoir est enrichissant pour toi.

L.-A.C. : Cette expérience me permet de vivre d’autres facettes de moi, de me libérer sur scène, et ça s’est transposé dans mon attitude sur scène pour mes propres spectacles. Je me sens plus libre, plus abandonnée. J’ai davantage de fun. L’effervescence que j’exprime avec Hubert n’est pas présente pour mes chansons. Si je n’explorais pas ce versant auprès d’Hubert, j’aurais le sentiment que je sous-exploite une part de moi.

S.T. : Alexandre Martel, qu’on connaît sous le nom d’artiste d’Anatole, t’a aidée pour la mise en scène.

L.-A.C. : Alexandre, en plus de bien me connaître, sait ce que je veux, et saisit mieux que moi comment y accéder en étant l’oeil extérieur. Il a respecté la sobriété que j’aime en interprétation. La destination était claire.

S.T. : Le terme «ventre» revient souvent dans tes textes.

L.-A.C. : Je parle tout le temps du ventre, du corps. L’émotion et le corps sont liés. Quand tu es conscient de l’enveloppe dans laquelle tu vis, tu comprends mieux ce que tu vis. C’est libérateur. Certains considèrent le corps comme une cage. Moi, au contraire, je le perçois comme un vaisseau, un phare.

Lou-Adriane Cassidy ne conçoit pas sa vie sans musique. Lors de l’évènement Rideau, elle a remporté le prix des diffuseurs européens et aura l’opportunité de traverser l’océan pour proposer ses créations. Ce qui l’enchante. Le 1er novembre, on pourra l’entendre à L’Anglicane de Lévis.

Pour connaître ses dates de spectacles, visiter:  louadrianecassidy.com

Photo : courtoisie

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