Sabrina Sirois
Home À la Une Il en métro

Le politicien et l’urbaniste

Rémy Normand, conseiller municipal et président du RTC, s’est fâché. Sa communication verbale s’est enflammée au rythme de celle moins verbale, au point que s’il avait été un personnage des Looney Tunes, on aurait pu imaginer une sorte de Yosemite Sam avec la fumée qui s’échappe de ses oreilles…

Un peu de yoga, de la tisane et de la musique tibétaine, peut-être?

Ou un miroir, pour se regarder un peu dedans. Car, si la question du «pourquoi pas un métro?» revient encore sur les rails, c’est surtout parce que l’administration Labeaume a voulu faire comme si c’était réglé, on passe à un autre appel.

Oui, mais non.

Voilà que le ministère de l’Environnement de la CAQ demande à la Ville de Québec de justifier son choix. Colère de Rémy Normand qui y voit une perte de temps complète.

Certes. À qui la faute?

Il est vrai qu’encore aujourd’hui, plusieurs peinent à expliquer avec assurance le choix du tramway au détriment du métro. Pour aller vite, la Ville a carrément tourné les coins ronds, en se disant que le show de com du lancement avait fait le boulot.

Oui, mais non.

Je ne doute pas de la pertinence du tramway. Je l’ai écrit, déjà. Mais, si le projet est aussi valable que la Ville le croit, pourquoi ne pas l’expliquer à fond, en long et en large, dès aujourd’hui? Même pas besoin de 10 millions $ et l’aide de Robert Lepage : un cellulaire, un porte-parole clair et compétent, et hop!, on a des capsules vidéo en moins de temps qu’il n’en faut pour crier métro.

Évidemment, pour l’analyse attendue par le ministère de l’Environnement, il en faudra du temps. À raison, la Ville de Québec confie la tâche à une firme externe, histoire de mener un exercice de façon rigoureuse, indépendante et scientifique, ce qui permettra de caser le dossier, un bonne fois pour toute.

Pendant ce temps, la Ville pourra faire ses communications, comme elle aurait dû le faire depuis un bon moment déjà.

On peut néanmoins comprendre la colère du président du RTC. Le financement du réseau structurant n’est toujours pas réglé et la pression augmente à mesure que le temps file, avec le troisième lien dans le rétroviseur. Ça presse! Sa réplique donnait toutefois l’impression qu’il en mettait un peu trop, compte tenu du fait que son équipe est en grande partie responsable du floue qui persiste.

Peut-être était-il aussi piqué au vif par l’ironie de la situation : voilà la CAQ qui exige une analyse complète, rigueur qu’elle ne s’impose même pas quand il est question du troisième lien.

Là, la science, les faits, les études, les explications, on s’en fout.

C’est commode.

Deux poids, deux mesures, comme on dit. De quoi, effectivement, faire sortir la fumée des oreilles…

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