Sabrina Sirois
Home À la Une Neige : vivent les trottoirs… libres!

Le politicien et l’urbaniste

Comme la neige a neigé, n’est-ce pas? Et vous vous demandez : pourquoi mon trottoir est-il si mal déneigé?

Pour faire court : c’est une question de priorité. Si la commande politique est claire, le résultat sera clair. Aussi, on peut bien taper comme on veut sur ceux qui exécutent le contrat – et il arrive en effet qu’un contrat ne soit pas respecté et qu’un rappel à l’ordre soit nécessaire, sinon un changement d’entrepreneur – il reste que, généralement, ils font ce qu’on leur dit de faire.

Hé oui.

Si la priorité est la voiture… la priorité est la voiture. Le piéton n’a qu’à se faire alpiniste ou patineur artistique.

On pourra dire : ah oui, mais on n’a pas d’argent pour tout. Il faut choisir.

C’est vrai.

Le budget de déneigement est de plus de 43 millions $, auxquels il faut ajouter une réserve de 20 millions $, au cas où le ciel ne cesserait de nous tomber sur la tête sous forme floconné.

Vous vous dites : « c’est beaucoup d’argent! », mais c’est aussi beaucoup à déneiger : 2 373 km de chaussées, 1 248 km de trottoirs à (parfois mal) déneiger et déglacer. Dans le budget de la Ville, on écrit qu’au « cours d’une seule et même opération déneigement, jusqu’à 1 700 personnes et 1 300 véhicules peuvent être engagés dans le déneigement des rues. »

Ce n’est pas rien. Et ceci explique cela.

Et puis, le froid intense, le verglas, l’intensité des précipitations et le déneigement de fin de semaine, tout ça a un impact sérieux sur la facture. Certes. On ne peut pas non plus tout prévoir.

Mais, qu’il y ait encore des secteurs aux trottoirs mal déneigés nous ramène à l’essentiel : faire du déneigement une priorité… prioritaire. Si la commande était : « on veut que la ville se marche de bout en bout après une chute de neige », le résultat serait sans doute bien différent.

Dans le passé, on a centralisé les mesures guidant les arrondissements, ce qui a compliqué ce qui allait de soi : demander aux déneigeurs de déneiger comme du monde. Mais, surtout, il faut dès aujourd’hui remettre les priorités dans le bon ordre. Un trottoir impraticable, c’est des gens qui sont pénalisés, dont ceux à la mobilité réduite, personnes âgées, sans oublier les livraisons, etc. Marcher, c’est aussi une question de santé, pour plusieurs, sinon une question économique : c’est parfois le seul moyen de se déplacer. C’est donc discriminatoire, le mauvais entretien.

La Ville est à revoir sa politique pour mieux servir piétons et cyclistes hivernaux. Tant mieux. Cette politique a 10 ans, on était dû. Profitons-en pour lui donner une nécessaire souplesse qui fera place au jugement, sur le terrain, plutôt qu’aux articles trop précis et rigides d’une politique. Profitons-en pour comprendre qu’un piéton, ça marche aussi la fin de semaine…

C’est faisable. Et on a l’argent. Tout est une question de priorité…

Une réponse à ce billet
  1. Cela prend effectivement beaucoup d’énergie et de détermination (ou de ne pas avoir d’auto) pour marcher à Québec pendant ou après une chute de neige. Sans compter qu’en bien des rues de Ste-Foy et de Sillery, il n’y a tout simplement pas de trottoirs. Le tout à l’auto n’est pas une orientation récente des autorités municipales.

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