Sabrina Sirois
Home À la Une Droit de cité par David Lemelin: Le Phare ouest

Droit de cité par David Lemelin: L’arbre et le stationnement

Ah, Le Phare!

On fait semblant de consulter les gens. Pour l’image. Pour vite passer à autre chose. Or, une soirée, comme dit la pub, c’est pas assez!

Le Phare qu’on va planter de force dans l’ouest de la ville n’est pas qu’un cabanon. C’est 65 étages, un projet gigantesque de 750 millions $ comprenant 4 tours (entre 15 et 45 étages) qui changera à jamais le paysage et la dynamique du quartier… et perturbera lourdement le trafic déjà problématique du secteur.

C’est immense. Démesuré. Pharaonique.

Et pour nous faire avaler la pilule, on explique que le complexe servira de connexion pour le tramway et les autobus du Réseau de transport de la Capitale.

On est fou de joie.

Néanmoins, Le Phare, c’est une vision qui n’est pas à la hauteur. Une tour de cette dimension, si étincelante soit-elle, n’a pas sa place dans le décor de Sainte-Foy. Elle jure avec le cadre bâti, ne s’insère pas du tout dans la trame urbanistique locale et ne constitue pas une proposition stratégique cohérente et pertinente.

Il faudrait plutôt penser à des hauteurs raisonnables, à la densification douce, dans un projet qui favorise les déplacements actifs. Pour éviter de créer des chocs en termes de trafic routier local et concentrer trop de gens au même endroit, il est fondamental de répartir sur de plus longs segments les édifices —plus petits —afin d’étaler les concentrations de population.

Ici, on n’y est pas du tout.

Pourtant, lors des soirées de consultation consacrées au PPU (programme particulier d’urbanisme) de Sainte-Foy, la salle fut pleine, chaque fois. Et, chaque fois, les gens disaient la même chose : de la mesure, attention aux excès! L’administration Labeaume en a tenu compte. Et on devait protéger un acquis : 29 étages, pas plus!

Mais, la promesse ne tient plus. Pourquoi s’encombrer d’un PPU, alors?

Qu’on prenne plutôt la voie réglementaire (article 74.4) pour contourner le problème ne change rien au fond : pourquoi s’encombrer d’un PPU, alors?

Cette décision ne sera pas sans conséquence.

Comment donner le goût aux gens, à l’avenir, de prendre part à des exercices de réflexion collective si, au premier projet gargantuesque venu, on fout le tout par-dessus bord?

Pourquoi les gens devraient-ils perdre leur temps à espérer du contrôle, par le PPU, sur la démesure immobilière? Pourquoi réfléchir, ensemble, pourquoi imaginer le développement, ensemble?

La loi 122 donnera peut-être de la souplesse, mais ne soustraira pas les élus à leurs devoirs envers la population. On voit mal ici ce qui pourrait convaincre les citoyens dans le futur de donner leur avis lorsqu’ils sentent que les jeux sont faits.

C’est bête, car Sainte-Foy offre pourtant un extraordinaire potentiel de densification. Mais ce n’est pas parce que la tour est haute que la vision est grande…

À son sommet il grattait le ventre des nuages
Il n’avait alors plus les pieds sur terre bien plantés
Ainsi, fixé dans le miroir d’une tour à la page
Il perdit tout contact avec la réalité…

Laisser une réponse

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.