Sabrina Sirois
Home À la Une Cathleen Rouleau et Richardson Zéphir: Soirée d’humour réussie

Cathleen Rouleau et Richardson Zéphir: Soirée d’humour réussie

Québec — Comme tout bon festival, le ComediHa! Fest-Québec a ses grandes scènes dont le Palais Montcalm qui accueillait hier le gala de Véronique Cloutier, mais il y a aussi les petites scènes, plus intimes, où règne une ambiance chaleureuse propice à de beaux moments de proximité avec les artistes. C’est ce qu’offre le superbe lieu qu’est la Taverne Grande Allée qui recevait hier, dans une salle pleine à craquer, Cathleen Rouleau et Richardson Zéphir.

Les dames d’abord. Cathleen Rouleau. Finissante de l’École nationale de l’humour en 2006 et qui depuis, roule sa bosse autant à la télé et sur scène qu’à l’écrit. Soixante minutes avec elle c’est décontracté, audacieux et candide, mais avec une touche de vulgarité bien assumée.

La soirée a débuté avec une succession de jeux de mots parfois douteux, souvent efficaces. Juste parfait pour commencer un beau jeudi soir relax. Belle et charismatique (eh oui! comme elle le dit elle-même sans fausse modestie, elle a la chance d’avoir les deux : la beauté et la personnalité), Cathleen se permet d’aborder tous les sujets sous un angle bien à elle, mi-sucré mi-amer. À travers la soirée nous sommes passé par le malaise de notre société quant au surplus de poids, l’origine du mot dyslexie (consultez le www.com.dyslexie) et le chocolat noir qui selon elle, goûte le tronc d’arbre.

Mais les deux numéros les plus complets et soutenant, et qui, évidemment ont le plus fait rire les spectateurs, sont ceux portant sur le fils de son conjoint, Antoine, atteint d’autisme et d’épilepsie, ainsi que celui sur son humiliante visite chez le gastro-entérologue. Auprès d’Antoine, elle avoue avoir appris la patience, la résilience et l’amour inconditionnel. Cathleen a d’ailleurs profité de la soirée pour recueillir des dons pour la Fondation Véro & Louis qui a pour mission de construire et administrer des maisons pouvant accueillir et subvenir aux besoins de personnes âgées de plus de 21 ans vivant avec un trouble du spectre de l’autisme.

Cathleen Rouleau <span>by Julie Bourassa</span>Cathleen Rouleau <span>by Julie Bourassa</span>Cathleen Rouleau <span>by Julie Bourassa</span>Cathleen Rouleau <span>by Julie Bourassa</span>Richardson Sephir <span>by Julie Bourassa</span>Richardson Sephir <span>by Julie Bourassa</span>Richardson Sephir <span>by Julie Bourassa</span>Richardson Sephir <span>by Julie Bourassa</span>
Richardson Zéphir

Beau et charismatique s’applique également très bien à notre homme de la soirée qui a su mettre le feu dès son arrivée sur scène de par son énergie contagieuse. Avec lui aussi les sujets tiraient dans tous les sens, avec pour fil conducteur son accent haïtien qu’il emprunte régulièrement pour ponctuer ses numéros, de même que sa grande sensibilité. À la fois humoriste et comédien dans plusieurs séries télé, Richardson confie avoir eu comme idole d’enfance, Eddy Murphy dont il imite la voix française à la perfection.

En première moitié de spectacle, Zéphir nous a partagé ses ingénieuses idées de publicités et de mise en marché pour des produits et concepts aussi variés que la bière sans alcool, le véganisme, les produits d’hygiène pour hommes versus ceux pour femmes de même que son idée de carte à points pour favoriser les bons comportements chez les conducteurs au lieu d’utiliser les moyens coercitifs habituels. Avec lui, tous les sujets sont hilarants, mais également porteurs d’un message démontrant sa grande conscience sociale. Et tous les prétextes peuvent devenir sujets à des clins d’œil ou des coups de gueule, entre autres quant aux préjugés tenaces liés à ses origines et avec lesquels il s’amuse énormément avec autant d’autodérision que de réflexion.

Pour la deuxième demi-heure de sa prestation, le sujet principal a été la virilité abordée sous différents angles, lui qui assume pleinement son manque de virilité. Ce manque passe entre autres par sa peur des insectes, ce qui donne lieu à un numéro extrêmement drôle et à une savoureuse analogie entre les fourmis et les douchbags. Et puisque, comme je le disais plus tôt, Richardson aime se faire porteur de réflexion, il a, entre autres, abordé le sujet de l’homosexualité au sein des équipes de sports professionnels comme la NFL et dont l’athlète Micheal Sam a été le tout premier à y affirmer son orientation sexuelle.

Pour d’autres belles soirées comme celle-ci, consulter la programmation complète du ComediHa! qui se poursuit jusqu’au 19 août.

Photos: Julie Bourassa

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