Change de disque par Tanya Beaumont: Christian Jacques «Pas payé pour penser»

Christian Jacques «Pas payé pour penser»

Chronique d’un échec de son propre aveu, l’auteur-compositeur-interprète Christian Jacques lançait, le 3 mars, son deuxième album solo, Pas payé pour penser.

Dans la première chanson de l’album, Jette tout, tu parles d’un album country que tu as jeté avant de travailler sur celui-ci. Est-ce qu’il existe quelque part?
En fait, il y a quelqu’un qui m’a appelé pour me demander si je pouvais faire couler ça sur Internet. Apparemment, c’est quelque part! Je pense qu’il a appelé ça Christian Jacques, l’album country assassiné ou quelque chose comme ça.

Musicalement, ce qu’on remarque sur Pas payé pour penser, c’est l’omniprésence de la basse.
Oui! Je suis en bassiste! Je trippe tellement sur la basse que pour me flusher de mon propre album et pour mettre le meilleur bassiste que je connaisse dessus, j’ai fait appel à Alex Morissette qui joue de la contrebasse pour Les Lost Fingers. On s’était rencontré au concours Conga dans les années 2000. J’avais été impressionné et depuis ce temps-là, j’ai toujours voulu faire de la musique avec lui. Il joue sur le premier album, mais c’est plus folk. Je voulais vraiment mettre son talent de l’avant alors on a composé ensemble. Effectivement, il y a des pièces où c’est complètement dément ce qu’il fait à la basse!

Ce deuxième album est très différent du premier.
On est ailleurs! Il n’y a plus de guitare acoustique. C’est complètement de la guitare électrique. J’ai écouté du Jimmy Hendrix pour essayer de me baigner dans un monde de guitariste funk.

Dans ce cas, pourquoi y a-t-il une chanson traditionnelle sur l’album?
Oui, je vais te dire pourquoi! Pendant une période de l’enregistrement, je me disais que c’était compliqué de tout enregistrer les instruments différents en studio, la location… J’étais dans ma cave et j’ai enregistré une chanson trad, tout seul, ma blonde avait une réunion en haut! Généralement, la musique me vient en musique trad d’abord! C’est comme ça aussi avec mon groupe de rock achigan. Ça me vient d’abord en trad et après on vire ça en épouvantable intensité! Éventuellement, je ferai un album de trad., mais je dois explorer encore le funk avant!

Tu as composé la chanson MAN (Can’t stop saying mon homme), qui n’est pas ta première chanson sur le langage. Pourquoi écrire sur ce sujet si peu habituel?
Je suis un littéraire! J’ai suivi un cours à l’université où l’on a parlé d’Oulipo, où les gens se donnent une contrainte d’écrire des textes qui n’avaient jamais été écrits. Je me suis dit qu’il y avait une trame intéressante et qu’il faudrait que j’écrive des chansons trous, pour boucher les trous de ce qui existe en musique en ce moment. C’est pour ça que j’adopte cette direction-là dans les chansons. Mais Man, c’est surtout ludique. C’est juste qu’un ami prof s’est fait dire «Heille Man» en pleine classe. C’est juste pour faire rire.

Pas payé pour penser est disponible au www.achigan.bandcamp.com.

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