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Sabrina Sirois
Home À la Une Joanne Boivin: La chance d’une vie

Saint-Sacrement — Joanne Boivin, animatrice du 102,9 FM, est chanceuse. Elle ne s’en cache pas. Dans un milieu parfois difficile, la Saguenéenne d’origine vit depuis plus de 35 ans de ses passions : la musique et la radio. Mais elle prend aussi le temps de redonner en s’impliquant dans la communauté.

Comment avez-vous commencé en radio?

À 12 ans, je voulais être journaliste. Au Cégep, je me suis inscrite en Art et technologie des médias à Jonquière. J’y ai vu que la radio pouvait m’intéresser, mais je trouvais que ça n’allait pas assez rapidement. J’ai donc abandonné au bout de six mois pour venir étudier au Collège des annonceurs radio télévision de Québec. Par la suite, j’ai eu un parcours extrêmement chanceux.

Où avez-vous travaillé?

La première radio FM (CAGB devenu NRJ) a ouvert au Saguenay. J’ai auditionné et les ai rencontrés. Je n’ai pas été engagée parce que j’avais 19 ans et juste un cours de six mois. Mais il est arrivé quelque chose à la personne choisie pour le temps plein en semaine. Ils m’ont appelée un vendredi après-midi alors que je gardais dans une maison privée. Ils m’ont demandé si j’étais prête à commencer lundi de 13h à 18h, et ce, du lundi au vendredi. J’ai accepté. Et j’ai fait un ulcère d’estomac cet été-là. J’y suis finalement restée pendant cinq ans. La radio est un siège éjectable par définition et je n’ai pas encore connu cela en 36 ans. Tu ne décides jamais habituellement, mais moi, j’ai choisi où j’allais. J’ai travaillé à CHIK, au FM 93 et durant 22 ans à Rock Détente. Je suis au 102,9 depuis deux ans.

Avez-vous toujours été animatrice?

Oui et uniquement dans la radio musicale, mais ce n’est pas étonnant. Si je n’avais pas pratiqué ce métier, j’aurais travaillé dans un domaine connexe à la musique.

Qu’aimez-vous de la radio?

Tout! C’est passionnant. Je suis curieuse. Je veux toujours chercher du nouveau. Avec le web, c’est encore plus facile d’en faire. De plus, le métier n’est jamais routinier. On retrouve évidemment certains rendez-vous dans une émission, mais elle ne peut pas être pareille à celle de la veille. J’aime autant cela 36 ans plus tard que la première fois. Je me rappelle très bien cette première journée. Je me suis dit: «ça y est! C’est extraordinaire, j’ai trouvé.»

Pourquoi, selon vous, certains auditeurs vous sont-ils aussi fidèles?

Il s’agit en fait surtout d’auditrices dans la quarantaine et début cinquantaine. J’ai 55 ans et je suis sur les ondes à Québec depuis 30 ans. Je crois qu’elles ont vieilli, grandi et évolué avec moi. Je pense que je représente ses femmes dans la cinquantaine, ce qu’elles veulent être : branchées, au courant de tout, pas matantes. Évidemment, je vis aussi des choses qu’elles vivent au quotidien. Ça doit aider un petit peu pour la fidélité.

De quelle façon la radio a-t-elle évolué?

La radio parlée a fonctionné dans les années 1980. Ensuite, la radio musicale a pris sa place avec Rock Détente. La vague parlée regagne actuellement en popularité. C’est ça la radio. Quand tu as eu du succès, tu vas connaître une petite baisse à un moment donné et tu reviendras ensuite. L’avènement des réseaux a aussi changé la donne, car des émissions proviennent de Montréal. C’est mieux d’être local. Je pense que l’avenir de la radio va et doit passer par là.

La nouvelle locale a-t-elle été sous-estimée?

Je trouve que oui. On passe parfois à côté de choses vraiment intéressantes qui se passent à Québec. Il y a peut-être un problème de communication. Le web est tentant, car tu as accès à tout. Par contre, on ne sait pas ce qui se passe au coin de la rue. Il va falloir qu’on table là-dessus sérieusement, qu’on se rapproche plus de notre public.

Pourquoi vous impliquez-vous autant dans la communauté?

Je désire donner au suivant. À mon avis, c’est mon rôle parce que j’ai la chance d’avoir un micro. Certaines causes me tiennent particulièrement à cœur. Comme le cancer du sein, car ma mère en a eu un et je suis à risque. Je travaille avec le Centre des maladies du sein Deschênes-Fabia depuis plusieurs années. De plus, je collabore avec l’Institut universitaire en santé mentale puisqu’il y a quelqu’un dans ma famille qui vit avec la maladie mentale. J’œuvre aussi avec la YWCA et d’autres. Je suis incapable de dire non. J’anime leurs évènements principalement. J’ai l’intention de m’engager davantage à la retraite. Il y a des gens conduisent des personnes atteintes de cancer et on n’en parle jamais. Les vrais bénévoles travaillent dans l’ombre. C’est cela que je veux faire éventuellement.

 

En rafale

Quelles sont vos autres passions? La lecture, la musique et le golf. Je n’ai pas d’enfant, mais un filleul de 10 ans que j’aime beaucoup et qui me branche sur les nouvelles affaires de YouTube et compagnie.

À quelle heure vous levez-vous? C’est un peu particulier. Je me lève à 3h30 et je suis une couche-tard. Je ne dors pas beaucoup.

Vos coups de cœur musicaux actuels? Sam Smith et John Legend. J’aime plein d’artistes et de styles, Kanye West par exemple. J’adore le rap et le québécois. Je pourrais en nommer 20.

 

Joanne Boivin. Photo : Katia Lavoie

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