Sabrina Sirois
Recyc-Québec
Home À la Une Quoi qu’on dise par Martin Claveau: Pas dans ma cour

Où sont les racks à vélos?

Le monde moderne nous amène de ces situations dont on ne sait pas trop que penser. Le délire qui marque la démolition de bungalows de la rue Dickson à Sillery et leur remplacement par d’autres types de constructions en est un maudit bel exemple.

 

 

Résumons: des gens qui habitent une rue riche et paisible voient celle-ci changer, une construction à la fois. Au départ, ça passe, mais à la longue, ça devient irritant et les gens refusent qu’on leur impose ce changement.

 

 

Sont-ils justifiés? Leur point de vue se défend.

 

 

Remarquez que celui des promoteurs aussi se défend. Ils ont acquis ces terrains à fort prix, ils ont le droit de faire ce qu’ils en veulent pourvu qu’ils respectent les règlements de la Ville.

 

 

 

Les deux camps se parlent, mais ne s’écoutent pas. Ce beau dialogue de sourds se métamorphose en guerre ouverte. Certains invectivent la conseillère Julie Lemieux. Une femme menace de se placer devant les pépines, comme des Chinois à la place Tien Anmen en 1989. Toutefois, les causes n’ont rien de commun, on s’entend. Bref, ça dérape.

 

 

 

Par contre, et c’est intéressant quand même, de thèmes vieux comme le monde s’affrontent. Le progrès contre le conservatisme. Les motivations financières des uns sont décriées par les autres, qui de leur côté sont assis sur de véritables mines d’or. Si je me laisse aller à faire de la «psycho pop à 5 cennes» : je pense que ce qui fait le plus peur aux gens de Sillery, c’est d’abord et avant tout le changement. L’aspect financier, pas tant que ça, car ils sont pas mal tous déjà riches.

 

 

Au fait, qu’est-ce qui nous dérange tant que ça dans le changement?

 

 

Toutes les fois, c’est la même rengaine : «C’est la manière de faire des promoteurs qui n’est pas bonne», ou encore «il aurait fallu qu’ils s’y prennent autrement». Je fais le pari que n’importe quelle autre approche aurait donné le même résultat. Ce dont les gens de Sillery ne veulent pas, c’est du changement, un point c’est tout.

 

 

Un jour, il y a longtemps, Montcalm et Saint-Roch étaient de vastes champs cultivés. Certains ont sans doute lutté contre l’urbanisation, mais 200 ans plus tard, on y bâtit des tours de 18 étages.

 

 

Les gens de la rue Dickson peuvent momentanément arrêter la marche de la densification. Mais, comme les bonnes idées ont le pouvoir de le faire, la densification attendra un moment. Puis, elle reviendra les hanter et cette chose qu’on appelle le progrès poursuivra sa marche inexorable vers… je ne sais trop quoi finalement.

Une réponse à ce billet
  1. Le comité de citoyens pour une densification respectueuse désire réagir au texte de M. Martin Claveau. Certains faits paraissent lui avoir échappé et ceux-ci lui aurait permis de se faire une idée plus nuancée de la réalité notamment à l’égard de ce qui se passe sur la rue Dickson et sur les rues d’autres quartiers de la Ville de Québec affectés par les projets de démolition-constructions.

    Rappelons d’abord la séance de consultation du 7 juillet dernier concernant le projet de règlement R.V.Q. 2220, à laquelle se sont présentées quelque 70 personnes. Les interventions des citoyens ont en effet soulevé des problèmes réels en matière d’urbanisme sur les projets de démolition-construction. Personne n’a revendiqué le statu quo. Il convient de rappeler que la Ville de Québec a reconnu l’existence de problèmes en décrétant, en juin dernier, un gel de l’émission des permis concernant les projets de démolition-construction. De plus, elle a adopté le 7 juillet un règlement intérimaire afin de mieux encadrer ce type de projets, d’ici à l’adoption de nouveaux schémas d’aménagement l’automne prochain.

    Pour mieux saisir le contexte et les enjeux en matière d’urbanisme, il apparaît utile de référer d’abord à l’article de M. Marcel Junius, Urbaniste émérite, paru dans le Devoir le 10 juillet dernier. Pour M. Junius : (…) «Il faut accepter le changement pourvu qu’il se fasse dans l’ordre d’une sensibilité citoyenne, sans mutation radicale.»(…) À ce sujet, l’exemple de la Ville de Bordeaux est à souligner car elle s’est dotée d’une Charte de la construction durable issue de rencontres avec les promoteurs et les bailleurs qui bâtissent Bordeaux. Pourquoi Québec ne pourrait-elle pas faire de même, le maire Labeaume disant vouloir s’inspirer des meilleures pratiques? Enfin, ajoutons les propos M. Gérard Beaudet, professeur titulaire d’urbanisme à l’Université de Montréal, tenus le 17 juin à l’émission 12 :30 de Radio Canada portant sur la densification:

    « Le problème se pose partout. Il ne faut surtout pas penser que c’est en allant plus rapidement qu’on va améliorer les choses. Au Québec, on est un peu les Lucky Luke en matière d’émission de permis. On tire plus vite que notre ombre. Partout ailleurs, on prend le temps que ça prend pour émettre un permis, pour être sûr d’avoir bien maîtrisé les projets. Ici au Québec, on a toujours cette propension à vouloir faire court, à faire rapide et ce n’est pas en faisant ça qu’on fait mieux. C’est le genre de quartier qui mérite qu’on prenne le temps d’y réfléchir et il faut mettre en place les mécanismes appropriés. Ça se fait, ça se fait ailleurs. C’est toujours difficile mais cela se fait ailleurs. Et je pense que l’on ne peut l’éviter…»

    Québec est une belle ville, détruire ses actifs, ce n’est pas ça le progrès.

    Des changements harmonieux! Voilà ce que réclament les citoyens. Il appartient à la Ville de Québec d’adopter une règlementation appropriée afin d’harmoniser les nouvelles constructions aux anciennes, tout en conservant suffisamment d’arbres matures pour maintenir la beauté des lieux.

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