Sabrina Sirois
Recyc-Québec
Home À la Une Quoi qu’on dise par Martin Claveau: N’importe quoi

Où sont les racks à vélos?

Je ne crois pas souffrir «d’intolérantite» aiguë, mais quand même, des fois, je trouve que les gens exagèrent sur le pain béni. Quand j’étais jeune, on appelait «pistes cyclables», ces tracés asphaltés qui servaient uniquement aux vélos. De nos jours, on devrait plutôt parler de voies de circulation fourre-tout.

Le changement s’est opéré subtilement et, moi qui roule depuis longtemps, je ne m’en suis même pas aperçu, mais, quand on s’y arrête, parfois, ça dépasse les bornes et ça n’a pratiquement plus de sens. Selon le point de vue qu’on adopte, nos grandes artères cyclables sont devenues, soit un exemple de tolérance et de partage, ou à l’inverse un modèle de compromission invivable et hallucinant.

Tout ça a débuté par les vélos bien sûr. Puis, l’hystérie du «rollerblade» a fait son apparition. Les cyclistes ont dû partager leur espace avec les patins à roues alignés. Ceux-ci prenaient deux fois la place des vélos et allaient deux fois moins vite, mais ça pouvait aller. Ensuite, on a commencé à apercevoir quelques hurluberlus qui pratiquaient le ski à roulette comme Pierre Harvey, mais c’était épisodique.

Lors de mes plus récentes sorties sur la promenade Samuel de Champlain, j’ai vu deux scooters, une mini-moto, un vélo à quatre places, trois vélos électriques, huit triporteurs, des gens qui se déplaçaient péniblement avec des marchettes et d’autres en fauteuils roulants. J’ai également croisé des joggeurs, des marcheurs avec des bâtons, des «skateboarders» et d’autres en trottinettes. Tout ça, sur ce qu’on appelle une piste «cyclable». Ce n’est pas des blagues, il n’y a que des voitures et des Femen aux seins nus que je n’ai pas croisés, et je ne suis pas sûr que ça n’arrive jamais.

Il me semble que ça fait beaucoup de moyens de locomotions pour une seule voie, non? Il faut dire que la promenade Samuel de Champlain est probablement victime de son succès, reste que c’est carrément déplaisant d’y circuler par un beau dimanche après-midi en vélo.

Question comme ça, si l’on tolère tout cet attirail sur les pistes cyclables, pourquoi l’on ne tolérerait pas les vélos sur les trottoirs? Pas étonnant que je vois de plus en plus de «vrais» cyclistes qui préfèrent rouler dans le trafic que sur les pistes cyclables parce que c’est moins compliqué. Ça dit beaucoup non?

Une réponse à ce billet
  1. Il y a deux côtés à une médaille. Je travaille sur le boulevard Laurier et il m’arrive fréquemment de croiser des vélos qui roulent sur le trottoir. C’est une pratique très dangereuse. En marchant, on fait parfois un pas de côté en croisant quelqu’un. On doit alors jeter un coup d’oeil pour s’assurer que nous ne sommes pas suivis par un cycliste car ces derniers sont parfois assez imprévisibles. Sans rancune.

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