Pour la seconde fois, le compositeur nomade William Rezé, mieux connu sous le nom de Thylacine, a fait escale à Québec pour un concert électro immersif.
Par Juliet Nicolas
Avec pour pseudonyme un hommage au loup de Tasmanie aujourd’hui disparu, Thylacine a été révélé auprès du grand public avec Transsiberian en 2015. Un album composé lors d’un voyage à bord du célèbre train reliant Moscou à Vladivostok. Depuis, il multiplie les projets en refusant de s’enfermer dans le cadre traditionnel du studio.
Le voyage comme moteur de création
Fidèle à cette démarche, l’artiste est allé puiser son inspiration notamment dans les Andes, aux Îles Féroé, ou encore en Turquie. Son plus récent album, Roads Vol. 3, est lui aussi né sur la route, à bord de sa caravane Airstream de 1972 transformée en studio mobile. Chez Thylacine, le voyage n’est pas qu’une source d’inspiration mais fait partie intégrante du processus de création.
À travers sa discographie
Sur la scène de l’Impérial Bell, et accompagné de Bravinsan Karunanithy, son fidèle collaborateur depuis Timeless, Thylacine navigue à travers sa discographie dans un captivant voyage sonore.
C’est « Kolman », tiré de son plus récent album composé au cœur de la Namibie, qui ouvre le bal. La magie opère immédiatement dans la salle et le public se laisse happer par les longues montées mélodiques et les pulsations hypnotiques qui caractérisent sa musique.
Les titres se succèdent ensuite en puisant dans l’ensemble de son répertoire. Le public retrouve notamment « Moskva », composé il y a une décennie à bord du Transsibérien. Il revisite également des morceaux issus de Timeless. Cet album conçu pendant la pandémie l’a vu délaisser les routes pour explorer le répertoire classique, notamment à travers une réinterprétation des Gnossiennes n°1 d’Erik Satie.

Une électro vivante et organique
Le décor reste sobre mais redoutablement efficace. Une série de miroirs verticaux et de bandes lumineuses s’animent au gré des morceaux, créant un environnement visuel hypnotique.
Rapidement, Thylacine délaisse ses machines pour saisir le saxophone ou le baglama, un instrument traditionnel turc. Plus qu’un simple interprète, il agit ainsi comme un chef d’orchestre qui construit et transforme ses morceaux en direct. Face à son pianiste, les morceaux évoluent, se déploient et prennent parfois des directions inattendues, faisant de chaque prestation une expérience unique.
Cette liberté constitue sans doute l’une des grandes forces de l’artiste, qui a su séduire le public québécois.



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