Après plus de 20 ans de recherche, une pomme née à l’île d’Orléans entre sur le marché provincial. Dès le 15 octobre, les épiceries Metro du Québec offriront environ 750 000 pommes Orléans. Les Vergers Turcotte et l’hybrideur Serge Mantha ont mis au point cette variété à Sainte-Famille.
Louis-Alexandre Parent
Plus de deux décennies de croisements
Les Vergers Turcotte et l’agronome Serge Mantha ont développé la variété à Sainte-Famille-de-l’Île-d’Orléans. Pour y arriver, ils ont croisé deux pommes bien connues, l’Empire et la Honeycrisp. Leur travail s’étend sur plus de deux décennies.
Jusqu’ici, quelques marchés de proximité vendaient l’Orléans en petites quantités. Cette saison, toutefois, la production atteint un volume suffisant pour la grande distribution. Ce virage figurait parmi les principaux objectifs de la famille Turcotte. L’entreprise familiale en est d’ailleurs à sa quatrième génération.
« La pomme Orléans incarne le savoir-faire d’ici et notre capacité à innover », affirme François Turcotte. Le copropriétaire des Vergers Turcotte croit que l’Orléans peut rivaliser avec les variétés les plus populaires. Il espère que les Québécois en feront « une véritable source de fierté ».
Les qualités que vantent ses producteurs
Les producteurs décrivent une pomme croquante et juteuse, d’un rouge éclatant. Ils soulignent aussi sa fermeté et son équilibre entre l’acidité et le sucre. Selon eux, elle se conserve plusieurs mois au réfrigérateur. De plus, elle s’adapte bien au climat québécois.
L’Orléans fait partie des pommes tardives. Autrement dit, elle mûrit vers la fin de la saison de récolte. « C’est comme croquer dans une pomme fraîchement cueillie à chaque fois! », lance François Turcotte.
Un distributeur établi à Frelighsburg
Les Vergers Turcotte et Serge Mantha ont fondé La Pomme d’Orléans Inc. Cette société commercialise l’Orléans et quelques autres variétés. Par ailleurs, la Maison de la pomme agit comme distributeur exclusif auprès des grandes chaînes alimentaires. Cette entreprise de Frelighsburg produit et emballe des pommes.
Benoît Caron préside la Maison de la pomme. Selon lui, une nouvelle variété doit se démarquer par son goût, sa constance, son apparence et sa conservation. Il estime que l’Orléans réunit ces caractéristiques. Son entreprise a donc choisi de miser sur une pomme développée au Québec.
Dix millions de pommes visées d’ici cinq ans
Les vergers québécois comptent aujourd’hui plus de 60 000 pommiers Orléans. Chaque année, les producteurs prévoient d’en planter de 15 000 à 20 000 de plus. Ainsi, la récolte devrait dépasser le million de pommes dès 2027.
À plus long terme, l’entreprise vise 10 millions de pommes par année d’ici cinq ans. Ce volume lui permettrait d’étendre sa présence en magasin. Il allongerait aussi la période où l’Orléans se trouve sur les tablettes. Pour l’instant, ce chiffre demeure un objectif de l’entreprise.


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