Québec conserve le plein emploi, mais perd des travailleurs

Une vue sur le Château Frontenac, la Citadelle et le VIeux-Québec. (Photo: Philippe Moussette)Une vue sur le Château Frontenac, la Citadelle et le VIeux-Québec. (Photo: Philippe Moussette)

Le taux de chômage de la région métropolitaine de Québec demeure à 4,3 % en septembre 2026. La région conserve ainsi le plus faible taux parmi les huit principales régions métropolitaines du pays. L’emploi recule toutefois pour un septième mois consécutif, selon Québec International. Le secteur manufacturier, exposé aux tarifs américains, enregistre l’une des plus fortes baisses.

Louis-Alexandre Parent

Le chômage reste stable pour un deuxième mois

Québec International a publié son analyse mensuelle du marché du travail le 9 octobre. L’agence s’appuie sur l’Enquête sur la population active (EPA) de Statistique Canada.

La région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec compte 474 100 personnes en emploi en septembre. Elle perd 400 emplois par rapport à août, une baisse de 0,1 %. Il s’agit d’un septième recul mensuel consécutif.

Faits saillants du marché de l'emploi au mois de septembre 2026. (Image: Québec International)
Faits saillants du marché de l’emploi au mois de septembre 2026. (Image: Québec International)

Le taux de chômage se maintient à 4,3 % pour un deuxième mois de suite. Ce niveau reste compatible avec le plein emploi pour un quatrième mois consécutif. Le taux d’emploi demeure lui aussi stable, à 62,9 %.

Le PDG de Québec International, Carl Viel, met l’accent sur la solidité du marché régional. « La RMR de Québec continue d’afficher l’un des marchés du travail les plus solides au pays », affirme-t-il.

Québec devance les grandes villes canadiennes

Le taux de chômage de Québec reste nettement sous la moyenne canadienne de 6,5 %. Il se situe aussi sous celui de l’ensemble de la province, qui atteint 5,7 %.

Winnipeg occupe le deuxième rang des grandes régions, avec 5,0 %. Montréal enregistre 6,8 %, Toronto 6,9 % et Ottawa 7,0 %.

Le portrait diffère pour le taux d’emploi. Québec devance Montréal (62,5 %) et Toronto (62,1 %) à ce chapitre. Calgary (66,8 %), Winnipeg (64,6 %), Edmonton (64,0 %) et Vancouver (63,5 %) la dépassent toutefois.

Un bassin de travailleurs qui rétrécit

La population active poursuit sa baisse. Elle s’établit à 495 500 personnes en septembre, soit 600 de moins qu’en août. Sur un an, la région compte 32 400 personnes de moins en emploi ou à la recherche d’un emploi.

Selon Québec International, le ralentissement de l’emploi ne règle donc pas la rareté de main-d’œuvre. Le bassin de travailleurs diminue lui aussi. Carl Viel cite la baisse de la population active et la rareté persistante de certains talents. Il rappelle que « les enjeux de main-d’œuvre demeurent bien réels ».

L’agence voit dans ces données un rééquilibrage plutôt qu’une détérioration marquée. L’emploi, la population active et le taux d’emploi reculent toutefois tous sur un an. Québec International juge ce signal à surveiller, car il pourrait limiter la croissance régionale à moyen terme.

Plus de 21 000 emplois en moins depuis juin

Le taux de chômage n’a presque pas bougé depuis trois mois. Il atteignait déjà 4,3 % en juin, avant de glisser à 4,0 % en juillet. La région comptait toutefois 495 400 personnes en emploi en juin.

Elle compte donc 21 300 emplois de moins trois mois plus tard. Le taux d’emploi passe de 65,6 % à 62,9 % sur la même période. La population active compte aussi près de 22 000 personnes. Ce recul du bassin explique en partie la stabilité du chômage.

Évolution du marché de l'emploi et comparatif du taux de chômage et d'emploi au Canada. (Image: Québec International)
Évolution du marché de l’emploi et comparatif du taux de chômage et d’emploi au Canada. (Image: Québec International)

L’écart grandit lorsqu’on remonte à l’hiver. En février, le chômage touchait un creux historique de 2,7 %. La région comptait alors 519 800 travailleurs et un taux d’emploi de 68,7 %, le plus élevé au Canada. Québec International parle d’un rééquilibrage amorcé au printemps, après une période de forte surchauffe.

Le secteur manufacturier sous la pression des tarifs

Le conflit commercial entre le Canada et les États-Unis s’est intensifié en septembre. Le secteur manufacturier, en première ligne, perd 3 500 emplois dans la région. Ce chiffre provient des données non désaisonnalisées.

Ce secteur dépend fortement des chaînes d’approvisionnement nord-américaines. Cette intégration le rend particulièrement vulnérable aux changements dans les échanges commerciaux. L’agence ne peut toutefois pas encore établir de lien direct avec les nouveaux tarifs.

Selon Québec International, le marché du travail réagit souvent avant le reste de l’économie. Les entreprises ajustent d’abord leurs embauches, leurs heures travaillées et leurs projets d’expansion. Les baisses d’investissement, de production ou d’exportations suivent ensuite.

L’analyse porte la signature de Rosalie Forgues, économiste principale à Québec International. « Le marché du travail pourrait devenir le premier canal de transmission des tensions commerciales à l’économie régionale », estime-t-elle. « Les plus faibles niveaux d’emploi observés récemment pourraient représenter les premiers signes d’un contexte d’affaires plus incertain », ajoute-t-elle.

L’économiste se garde toutefois de tirer des conclusions définitives à partir de l’EPA. Les prochains mois diront si ces tendances annoncent les premiers effets du conflit ou relèvent de la volatilité statistique.

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