Plusieurs dizaines de militants pour le droit au logement se sont rassemblés devant l’Assemblée nationale, jeudi midi. La section de Québec de la Coalition contre le logement cher (COLOC) organisait une pendaison de crémaillère symbolique. Les groupes réclament trois engagements fermes aux partis, à quatre jours du scrutin du 5 octobre.
Louis-Alexandre Parent
Des cadeaux de bienvenue pour les futurs élus
Les militants ont interpellé les « futurs locataires » de l’Assemblée nationale. Comme lors d’une pendaison de crémaillère, ils ont apporté des cadeaux de bienvenue. Ces cadeaux prennent la forme de trois engagements.
Les groupes demandent d’inscrire le droit au logement dans la Charte des droits et libertés de la personne. Ils réclament aussi un réel contrôle des loyers. Enfin, ils exigent le développement massif du logement social.
L’action s’inscrit dans la Riposte populaire. Cette mobilisation contre la vie chère se déroule partout au Québec jusqu’au 3 octobre. Six organismes de la région forment la section de Québec de la COLOC.
Le porte-parole William Demers demande aux aspirants élus de se doter d’outils solides et durables. Selon lui, on ne peut gouverner « en ignorant les principales victimes de la crise du logement locatif ».
Le droit au logement absent de la Charte
Le Canada a signé le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Ce traité reconnaît le droit au logement comme un droit fondamental. La Charte québécoise ne mentionne toutefois pas ce droit de façon explicite.
D’après la COLOC, un seul parti s’engage à l’y inscrire durant la campagne. William Demers estime que les partis « ne vont pas au bout de la réflexion ». Une fois ce droit inscrit, les gouvernements devraient prendre les moyens de le respecter.
Des loyers en hausse malgré plus de logements vacants
Les groupes réclament un contrôle obligatoire et universel des loyers. Ils demandent aussi un registre national des loyers.
Selon la SCHL, le taux d’inoccupation à Québec a grimpé de 0,8 % à 2,2 % de 2024 à 2025. Pour les logements de moins de 1 200 $ par mois, il reste sous 1,5 %.
Le loyer médian à Québec a bondi de près de 30 % entre 2022 et 2025. Cette hausse dépasse largement celle des revenus des ménages locataires. « Derrière les chiffres, on trouve des vies humaines », rappelle William Demers.
Le logement social au cœur des demandes
La COLOC veut que le logement social atteigne 20 % du parc locatif d’ici 2040. Le regroupement vise les coopératives, les HLM et les OSBL d’habitation. Leurs loyers respectent la capacité de payer des locataires, contrairement aux loyers dits « abordables ».
William Demers reproche à la CAQ d’avoir « saccagé » le modèle du logement social durant ses deux mandats. En 2021, un ménage locataire sur quatre à Québec consacrait au moins 30 % de son revenu au loyer.
Le porte-parole conclut qu’il faut en finir « avec le dilemme existentiel de payer le loyer ou l’épicerie ».
Ce que proposent les partis aux locataires
La Coalition avenir Québec de Christine Fréchette promet 2000 logements abordables pour les aînés. Elle bonifierait l’aide au logement de 100 millions de dollars pour prévenir l’itinérance. Le parti mise aussi sur les logements « abordables intermédiaires », dont les loyers suivent le marché privé neuf.
Le Parti libéral du Québec de Charles Milliard vise 100 000 nouveaux logements par année. Il promet 40 000 logements sociaux et abordables durant le prochain mandat. Il plafonnerait les hausses de loyer dans les résidences privées pour aînés. Le PLQ écarte toutefois tout contrôle général des loyers.
Le Parti québécois de Paul St-Pierre Plamondon s’engage à financer 20 000 logements sociaux. Comme le PLQ et QS, il refuse de financer des logements abordables intermédiaires avec des fonds publics. Son plan en habitation mise surtout sur l’accès à la propriété.
Québec solidaire de Ruba Ghazal promet 50 000 logements sociaux et communautaires dans un premier mandat. Le parti limiterait les hausses de loyer à l’inflation, avec un plafond de 3 %. Le Tribunal administratif du logement encadrerait ce contrôle. QS interdirait aussi les évictions tant que la crise du logement perdure.
Le Parti conservateur du Québec d’Éric Duhaime prône plutôt la déréglementation. Il cesserait de construire des HLM pour miser sur l’Allocation-logement. Il assouplirait aussi les règles encadrant le prix des loyers. Les propriétaires pourraient exiger un dépôt de garantie.


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