La campagne électorale québécoise entre dans son vingt-troisième jour ce vendredi. Les cinq principaux partis multiplient les engagements depuis le déclenchement du 27 août. La petite enfance, l’immigration et les finances publiques dominent les propositions cette semaine. Les chefs ont aussi croisé le fer à deux reprises devant les caméras, à TVA puis à Noovo. Les Québécois voteront le 5 octobre pour élire leur prochain gouvernement. Le Carrefour vous présente les nouvelles promesses annoncées cette semaine.
Louis-Alexandre Parent
La Coalition Avenir Québec muscle son plan de sécurité publique
La Coalition Avenir Québec (CAQ) a dévoilé samedi un bloc de mesures en sécurité publique. La cheffe sortante Christine Fréchette promet l’embauche de 300 policiers supplémentaires à la Sûreté du Québec et dans les corps municipaux. Elle propose aussi d’ajouter 50 procureurs au Directeur des poursuites criminelles et pénales. Cette double mesure viserait à réduire les délais dans le traitement des dossiers criminels.
La CAQ veut créer deux centres spécialisés dans la lutte contre la cybercriminalité, à Québec et à Montréal. Le parti promet également de nouvelles équipes mixtes réunissant policiers et intervenants en santé mentale dans les régions. L’ensemble de ces mesures représenterait un investissement de près de 200 millions de dollars. Mme Fréchette justifie cette annonce par l’évolution rapide de la criminalité, notamment le recrutement de jeunes en ligne.
Le Parti conservateur du Québec resserre ses critères d’immigration
Le Parti conservateur du Québec (PCQ) a présenté lundi sa plateforme en immigration. Le chef Éric Duhaime propose de confier une partie de la planification à 17 tables régionales. Chaque région pourrait ainsi déterminer ses besoins en immigration économique selon sa capacité d’accueil.
M. Duhaime veut aussi renforcer la grille de sélection des immigrants en tenant compte des valeurs sociales de leur pays d’origine. Le parti propose de réduire le panier de services publics offerts aux demandeurs d’asile. Il souhaite également rapatrier vers Québec l’ensemble des pouvoirs en matière d’immigration. Le chef conservateur n’a toutefois avancé aucun seuil chiffré pour l’immigration permanente.
Le Parti libéral du Québec mise sur les familles et les CLSC
Le Parti libéral du Québec (PLQ) a présenté lundi son plan pour les familles. Le chef Charles Milliard propose de moderniser la politique familiale québécoise, inchangée depuis 1997. Il promet de bonifier de deux semaines le congé parental partageable entre les parents.
M. Milliard s’engage à créer 5000 places en centre de la petite enfance d’ici cinq ans. Le PLQ propose aussi de convertir 10000 places en garderie privée en places subventionnées. Le chef libéral a promis jeudi d’investir 200 millions de dollars sur quatre ans dans les centres locaux de services communautaires. Cette somme ferait des CLSC un véritable point d’ancrage pour les services de première ligne, notamment en santé mentale.
Le Parti québécois chiffre sa lutte à la bureaucratie
Le Parti québécois (PQ) a dévoilé mercredi son cadre financier détaillé. Le chef Paul St-Pierre Plamondon promet de financer 6,5 milliards de dollars de promesses grâce à une lutte à la bureaucratie. Cette approche dégagerait des économies de 6,6 milliards de dollars sur cinq ans.
Le PQ limiterait la croissance des dépenses de l’État à 1,9 % par année en moyenne. M. St-Pierre Plamondon rejette l’étiquette de l’austérité associée à cette approche. Le parti promet d’atteindre l’équilibre budgétaire dès 2028, soit un an plus tôt que prévu. Il maintient qu’il veut protéger les budgets de la santé, de l’éducation et de la culture.
PSPP comme superministre de l’Itinérance
M. St-Pierre Plamondon a réitéré, lors du premier débat des chefs, qu’il prendrait personnellement en charge le dossier de l’itinérance à titre de premier ministre. Il en a fait une affaire personnelle, a-t-il assuré, promettant de s’occuper lui-même de ce dossier au sein d’un futur gouvernement péquiste.
Le chef péquiste maintient son objectif de réduire de moitié le nombre de personnes itinérantes au Québec au cours d’un mandat, le faisant passer d’environ 12000 à 6000. Il mise sur l’approche de l’habitation en premier, citant en exemple les modèles mis en place à Houston et en Finlande. M. St-Pierre Plamondon a rappelé cet engagement jeudi, au lendemain de la découverte d’un jeune enfant dans un campement de personnes itinérantes de la rue Notre-Dame, à Montréal.
Québec solidaire multiplie les engagements sociaux
Québec solidaire (QS) a présenté lundi son plan pour redynamiser l’est de Montréal. La porte-parole Ruba Ghazal promet d’investir 5 milliards de dollars pour compléter la reconstruction de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Le parti prévoit aussi un projet de transport collectif structurant pour désenclaver ce secteur de la métropole.
Le co-porte-parole Sol Zanetti s’est engagé mardi, en marge d’une manifestation à Trois-Rivières, à injecter un milliard de dollars supplémentaire chaque année dans le milieu communautaire. Cette somme ferait passer le financement public du secteur à environ trois milliards de dollars annuellement. Québec solidaire a aussi promis jeudi d’embaucher 5000 éducatrices en petite enfance d’ici 2030. Le parti prévoit de créer 30000 nouvelles places en centre de la petite enfance grâce à cette mesure.
Deux débats des chefs bousculent la campagne
Les cinq chefs de parti se sont affrontés mardi lors du débat animé par Paul Larocque à TVA. Les thèmes de l’économie, des impôts, des services publics et de l’avenir du Québec ont dominé les échanges. Christine Fréchette a essuyé la majorité des attaques sur le bilan de huit ans de la CAQ au pouvoir. Elle a reconnu que son parti avait commis des erreurs durant ce mandat. Paul St-Pierre Plamondon, plutôt épargné par ses adversaires, a tout de même dû défendre sa promesse de tenir un référendum sur la souveraineté.
Le lendemain, les chefs se sont retrouvés pour le Grand Débat des chefs de Noovo, animé par Michel Bherer. Cinq thèmes ont été abordés durant cette soirée de 90 minutes, soit le coût de la vie, l’économie et les infrastructures, l’avenir de la jeunesse, la santé et l’itinérance, ainsi que le français et l’immigration. Mme Fréchette a de nouveau été la cible principale des critiques de ses adversaires. Elle a répliqué en pointant les angles morts du cadre financier péquiste, notamment l’absence de coûts associés à une éventuelle indépendance du Québec.


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