Marchand repasse à la caisse quatre ans plus tard

Le maire de Québec, Bruno Marchand, était en point de presse pour répondre aux questions des journalistes. (Photo: Louis-Alexandre Parent)Le maire de Québec, Bruno Marchand, était en point de presse pour répondre aux questions des journalistes. (Photo: Louis-Alexandre Parent)

Le maire de Québec, Bruno Marchand, a dévoilé le 15 septembre sa liste de demandes aux partis politiques provinciaux. Il réclame 1,3 milliard de dollars sur quatre ans, soit plus du double des 507 millions demandés en 2022. Plusieurs priorités formulées lors de la dernière campagne reviennent presque telles quelles dans le nouveau document.

Louis-Alexandre Parent

Une facture qui a plus que doublé

En 2022, le maire chiffrait ses demandes à 507 millions de dollars sur quatre ans. Il les avait présentées le 30 août, deux jours après le déclenchement de la campagne. Cette année, la Ville réclame plutôt 326 millions par année, soit 1,3 milliard pour la durée du prochain mandat. Le document contient aussi des projets d’une valeur de 8,2 milliards que la Ville souhaite réaliser sur 20 ans.

Le maire a attendu plus longtemps avant de déposer sa liste. Il l’a rendue publique le 15 septembre, alors que la campagne était entamée depuis près de trois semaines. Le scrutin se tient le 5 octobre.

Bruno Marchand assume aussi plus ouvertement le rapport de force de sa région. Il écrit dans son document que « nous nous attendons à ce que les engagements des partis politiques soient particulièrement fermes ».

Des demandes restées sans réponse

Le financement prévisible du transport collectif figurait déjà parmi les priorités de 2022. Il revient en 2026 sous la forme d’une demande de cadre quinquennal stable pour les sociétés de transport à compter de 2027. Le logement social suit le même parcours. Le maire réclame maintenant la construction de 1000 logements sociaux abordables par année.

La phase 4 de la promenade Samuel-De Champlain illustre bien cette répétition. Le gouvernement caquiste l’avait retirée de ses priorités au printemps 2022, avant de l’inscrire dans sa plateforme électorale. Un concours d’idéation a suivi en 2023 et une proposition gagnante a été dévoilée en avril 2024. Le chantier n’est toujours pas réalisé. La Coalition Avenir Québec promet aujourd’hui 70 millions pour un premier tronçon.

Le tramway demeure le principal recul

Le financement du tramway faisait partie des demandes de 2022 et la CAQ appuyait alors le projet. En novembre 2023, le gouvernement a plutôt confié à CDPQ Infra le mandat d’élaborer un projet de transport structurant pour la capitale. La Ville a ainsi perdu la maîtrise de son propre réseau.

La mobilité demeure au cœur de la liste de 2026. Le maire demande une contribution annuelle récurrente de 12,5 millions sur cinq ans pour les réseaux cyclables et les voies piétonnes. Il réclame également des engagements sur le réaménagement de l’autoroute Robert-Bourassa.

Une avancée venue d’Ottawa

Le dossier du pont de Québec avait dominé la conférence de presse de 2022. Il s’est réglé depuis, mais grâce au gouvernement fédéral. Ottawa a conclu une entente avec le Canadien National en mai 2024 et est redevenu propriétaire de la structure en novembre suivant. Les investissements d’entretien totalisent 1 milliard sur 25 ans. Québec y contribue à hauteur de 10 millions par année.

Sur le plan fiscal, le maire réclamait en 2022 un deuxième point de TVQ, soit près de 30 millions par année pour l’adaptation aux changements climatiques. Le pacte fiscal conclu en novembre 2023 a plutôt enchâssé dans la loi le partage de la croissance d’un seul point.

De nouveaux dossiers s’ajoutent

La liste de 2026 déborde largement de celle de 2022. Marchand y inscrit l’adoption d’une stratégie nationale de réduction de l’itinérance, 120 millions sur quatre ans pour protéger le lac Saint-Charles et 27 millions pour la réfection du barrage Joseph-Samson.

Le maire demande aussi 40 millions sur quatre ans pour la relance du quartier Saint-Roch, une somme que la Ville s’engage à égaler. Il souhaite enfin que le prochain gouvernement soutienne l’accueil de 13 000 immigrants économiques dans la région.

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