Un rassemblement de solidarité s’est tenu jeudi 20 août devant la résidence Le Long des Berges, dans Limoilou. Organisé par la Table citoyenne Littoral Est et le Bureau d’Animation et Information Logement, il appelle la Ville de Québec à intervenir.
Par Juliet Nicolas
L’établissement accueillait près d’une centaine d’aînés mais ne compte aujourd’hui plus qu’une poignée de résidents avec l’annonce de la fermeture à l’automne. Le rassemblement réunissait citoyens, organismes communautaires, proches de résidents ainsi que le député Sol Zanetti.
Une pétition est désormais en ligne pour appuyer la mobilisation.
Des résidents laissés dans l’incertitude
Les locataires ont appris en avril dernier que leur milieu de vie allait disparaître. Selon le BAIL et la Table citoyenne Littoral Est, les propriétaires auraient incité les résidents à quitter rapidement. Ils auraient de surcroît limité l’accès à l’information sur leurs droits.
Présent au rassemblement, Pierre‑Luc, ami d’un résident, décrit la situation de Sandy McKay, 80 ans : « À peine arrivé à la résidence, on lui annonce que la résidence ferme et avec elle la fin des services. Pas d’informations supplémentaires, juste une obligation de quitter. »
Une tendance provinciale préoccupante
Selon l’Association québécoise des retraités des secteurs publics et parapublics (AQRP), au moins 51 résidences ont fermé ou été converties en 2025. La Capitale‑Nationale est parmi les régions les plus touchées avec 127 personnes perdant leur foyer la même année.
Pour Azélie Rocroy, coordonnatrice de la Table citoyenne Littoral Est, les conséquences sont majeures :« La crise du logement place les personnes âgées dans une situation de vulnérabilité considérable. Être évincé de son foyer a des conséquences importantes sur la santé physique et psychologique. L’éviction affecte le sentiment de sécurité et peut accroître l’isolement social et la précarité économique. »
Des leviers politiques possibles
Pour Sophie Loiselle, du Bureau d’Animation et Information Logement (BAIL), les différents paliers de gouvernement disposent de moyens concrets pour intervenir. Elle rappelle que la Ville de Québec pourrait utiliser son droit de préemption. Cela permettant d’acheter un immeuble en priorité et d’en préserver la vocation sociale.
En outre, la Ville de Québec pourrait utiliser son droit de préemption et encadrer les conversions des RPA grâce au zonage. Elle souligne aussi la possibilité de socialiser les résidences en cas de vente, en les transférant à des organismes non lucratifs.
« La Ville se démarque surtout par son inaction pour protéger les personnes aînées. Il est grand temps que les élus prennent leurs responsabilités et posent des gestes structurants pour stopper l’éviction des locataires aînés. »
Azélie Rocroy, coordonnatrice de la Table citoyenne Littoral Est
Une crise qui dépasse les aînés
Cette fermeture survient dans un contexte de précarité économique et de hausse du coût des logements, tous deux généralisés.
Céleste, militante pour la justice sociale, rappelle que : « La question du logement dépasse celle des aînées. Les jeunes et les familles sont également touchés. À Québec, la crise du logement prend des proportions qui étaient inimaginables il y a seulement cinq ans. »

Le contexte de population vieillissante et d’augmentation de l’itinérance chez les aînés appuie la nécessité d’une intervention publique plus structurante.


Commentez sur "Rassemblement en soutien aux aînés du Long des Berges"