L’ADDSQM manifestait cet avant midi devant les bureaux du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale. L’association dénonçait l’absurdité et la froideur du système UNIR, rebaptisé PUNIR pour l’occasion.
Étienne Dufour
Mis en lumière dans un reportage Enquête de Radio-Canada le 26 mars dernier, le virage numérique pour les demandes d’aide sociale fait polémique. L’Association pour la défense des droits sociaux Québec métropolitain (ADDSQM) s’est mobilisée à 11h aujourd’hui pour faire entendre leurs frustrations.
C’est après la sortie du reportage que les doutes de l’ADDSQM se sont confirmés. Ceux-ci soupçonnaient que les complications administratives des demandes faites au ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale découlaient du nouvel algorithme UNIR.
« Documents perdus, délais déraisonnables, impossibilité d’avoir accès aux services ou à un-e agent-e-s, exigences impossibles, c’est maintenant le quotidien pour plusieurs personnes assistées sociales. Nous le voyons au bureau dans notre service de dépannage juridique, les cas sont complexes jusqu’à l’absurde. Nous avons donc renommé le programme PUNIR ! », peut-on lire dans un communiqué de presse de l’association.
« On comprend pas la cruauté du système », nous dit le porte-parole Laurent Lévesque.
Celui-ci continue en affirmant que le virage numérique du ministère n’est pas adapté à la situation. « Quand tu rencontres des gens qui demandent de l’aide sociale, c’est des cas complexes et individuels. Souvent des expériences traumatiques. Ça prend une autre manière. Ce système-là est froid, catégorisant et punitif. »
Cette remarque fait écho à ce qu’on pouvait entendre dans le reportage d’Enquête. « Si je traite des 2 x 4, si je traite des clous, des bouts de matériaux, il n’y a pas de problème. Une chaîne de montage, ça va super bien. Mais lorsqu’il s’agit d’êtres humains avec des particularités aussi complexes, il faut un accompagnement particulier. », note Christian Daigle, président du SFPQ.

L’ADDSQM demande donc au gouvernement d’augmenter les prestations, auparavant de 845$ par mois pour les personnes sans contrainte à l’emploi, à 2155$ mensuels. De plus, l’association réclame un élargissement des règles du programme revenu de base pour toutes et tous.
Ceux-ci déplorent les 32.5 millions de dollars qu’ont couté le projet et les 3.5 millions annuelles estimés pour son maintien. Dans le sillage du fiasco SAAQclic, beaucoup d’incompréhension et de frustration persistent face à la gestion du gouvernement. D’autant plus que le ministère semble, selon l’ADDSQM, dépassé selon eux par leur recours à des firmes externes pour la gestion des appels.


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