Ouellet frappe fort au Théâtre Petit Champlain

Ouellet sur scène. (Photo : Caroline Grégoire Le Soleil)

Hier soir avait lieu la première médiatique du premier spectacle solo de l’humoriste gaspésien Sébastien Ouellet, Dans l’temps qu’on riait, présenté au Théâtre Petit Champlain.  Et l’humoriste n’a certainement pas manqué son entrée.

Par Juliet Nicolas

À 47 ans, Ouellet débarque sur scène avec l’assurance de quelqu’un qui fait ça depuis vingt ans. Costume rétro, crâne rasé, barbe de bûcheron, tatouages; tout chez lui respire le gars de région qui n’a rien à prouver.  

Autodérision et traumatismes

Le spectacle repose sur un rythme redoutable et une présence scénique qui en impose. La direction artistique de Jean‑Michel Anctil n’est pas étrangère à cette impression de maîtrise. Mais Ouellet se caractérise surtout comme un humoriste qui tire son matériel de la vraie vie, sans détour et sans filtre inutile.

Il raconte son enfance gaspésienne avec une sincérité désarmante. Un peu comme s’il ouvrait devant nous les tiroirs d’une mémoire où se mêlent anecdotes de famille, vie à la ferme et violence éducative ordinaire. Il expose ainsi un temps sans sensiblerie, où l’on roulait les cigarettes de ses parents et où les discussions de garage tenaient lieu d’éducation émotionnelle.

L’humoriste glisse ensuite vers un présent qui le dépasse parfois et qu’il observe avec un mélange de perplexité et de tendresse. Le végétarisme, l’identité de genre ou encore la masculinité déconstruite deviennent pour lui des terrains de jeu où il tente de comprendre un monde qui a changé plus vite que lui.

Sans artifices

Sur scène, on retrouve une calandre de tracteur transformée en bar, une photo de sa grand-mère en manteau de vison, un tabouret et son nom en néon. Pas besoin de plus. Ouellet occupe l’espace avec son sourire, sa bonhomie et une sincérité qui rend tout acceptable, même les blagues plus corsées.

Dans ce décor minimaliste, il déroule ses anecdotes avec aisance. Il revient sur ce spectacle donné dans un bar de danseuses de Berthierville, raconte ses déboires de dates et partage même ses stratégies pour éloigner les Témoins de Jéhovah. Mais le moment le plus marquant reste sans doute l’apparition de Kevin, sa petite voix intérieure — celle qui te dit one life juste avant que tu fasses une niaiserie.

Une ouverture solide

La soirée a débuté avec Anne‑Sarah Charbonneau, notamment vue en première partie de Coco Belliveau. À 27 ans, l’humoriste propose un humour introspectif, teinté de psychologie, de quête de soi et de relations sociales. Qu’elle raconte à quel point elle hait sa psy ou son adolescence dans une école privée de filles dirigée par des religieuses, c’est toujours avec un ton terriblement efficace.

Dans l’temps qu’on riait est un spectacle abouti, maîtrisé et drôlement percutant. Et Ouellet ne quittera pas les projecteurs de sitôt. Il sera d’ailleurs de retour au Théâtre Petit Champlain le 4 mai et poursuivra sa tournée québécoise. 

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