La pénurie de travailleurs dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec fait chuter le taux de chômage pour un sixième mois consécutif.
Xavier Renald
Un marché du travail sous pression
Les données issues de l’Enquête sur la population active publiée par Statistique Canada indiquent que le taux de chômage dans la RMR de Québec a encore reculé au mois de mars. À 2,6 %, il s’agit du taux le plus bas au pays, alors qu’il est de 5,4 % à l’échelle provinciale.
Du côté de l’emploi, la région enregistre une première baisse en 14 mois (-0,6 %) avec 516 900 postes occupés. Ce recul est équivalent pour la population active (-0,6 %), alors que 530 800 personnes sont à l’emploi ou à la recherche d’un emploi.

« La baisse de la demande de main-d’œuvre peut donner l’impression que le marché du travail se normalise, mais la conclusion serait prématurée. Elle s’explique surtout par la baisse du nombre de travailleurs disponibles lors des derniers mois, et non par un réel rééquilibrage du marché », explique Rosalie Forgues, économiste pour Québec International.
Le resserrement du nombre de travailleurs est préoccupant, selon l’organisation dévouée au développement économique de la région de la Capitale-Nationale. Il s’agit d’un quatrième mois consécutif où le taux de chômage est inférieur au plein-emploi (environ 4,5 %).
Des conflits internationaux qui pourraient faire mal
Selon Québec International, les conflits géopolitiques actuels, dont la situation en Iran et les tensions commerciales, constituent des facteurs de vulnérabilité supplémentaires pour le marché du travail.
« Les deux chocs internationaux […] rappellent à quel point la résilience économique passe autant par la diversification des marchés que par la capacité d’attirer et de retenir les talents qualifiés, surtout dans une région où la marge de manoeuvre sur le marché du travail est mince », souligne Carl Viel, PDG de Québec International.
Même si les effets directs ne se font pas encore sentir dans les données globales, certains ajustements récents dans des secteurs tels que les services professionnels, scientifiques et techniques suggèrent une exposition accrue à d’éventuels chocs externes.
Si la diversification de l’économie régionale a traditionnellement joué un rôle d’amortisseur face à l’incertitude, l’équilibre est aujourd’hui plus fragile alors que plusieurs secteurs stabilisateurs sont maintenant exposés aux pressions externes.
« Le conflit en Iran transmet un choc direct au marché de l’emploi, car en alimentant la volatilité financière et l’inflation dans certains secteurs, il fragilise la confiance, freine l’investissement et finit par peser sur les décisions d’embauche », précise Rosalie Forgues.

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