Près de 10 000 personnes se sont rassemblées aujourd’hui devant l’Assemblée nationale pour marquer la fin des 13 jours de grève du mouvement Le communautaire à boutte.
Par Juliet Nicolas
Le 2 avril, des travailleuses et travailleurs des organismes communautaires de toutes les régions du Québec ont convergé vers la Capitale‑Nationale pour faire entendre leurs revendications. Le mouvement presse le gouvernement de reconnaître l’importance du milieu communautaire et de financer adéquatement ses missions essentielles.
Un mouvement né d’un ras-le-bol généralisé
Le mouvement a pris forme à Shawinigan et dans Mékinac, où des groupes ont dénoncé un rehaussement de financement jugé dérisoire. Ce cri du cœur régional s’est rapidement transformé en mobilisation nationale. En effet, partout au Québec, les organismes font face aux mêmes réalités — besoins croissants, équipes épuisées, ressources insuffisantes. Des centaines d’organismes se sont donc mobilisés pour obtenir des conditions de travail décentes et un financement à la hauteur de leur contribution à la société.
Un secteur essentiel qui refuse de rester dans l’ombre
Au-delà du ras‑le‑bol, la mobilisation rappelle la place centrale qu’occupe le communautaire dans le filet social québécois. Les organismes exigent la reconnaissance de leur rôle essentiel et les moyens de remplir leurs missions dans des conditions dignes. Comme l’exprime Marie‑Ève Bouchard, représentante de la Capitale‑Nationale : « Le communautaire est le filet social de notre société. On est à boutte que le filet social supporte de plus en plus de monde […] On est à boutte de soutenir à bout de bras et trop souvent en manque de bras. À boutte d’être des travailleuses et travailleurs de l’ombre à réparer les mailles du filet social dans l’angle mort du système. »
Un mouvement qui ne compte pas s’arrêter là
Même si les 13 jours de grève prennent fin, la mobilisation se poursuit. Le mouvement a d’ailleurs partagé sur ses réseaux juste après la manifestation : « On a levé haut notre table de négo, parce qu’on n’est pas là pour décorer le paysage. On est là pour se faire entendre. Le mouvement ne s’arrête pas ici.” »
Par ailleurs, le 12 avril, alors que la CAQ choisira la personne qui deviendra premier ou première ministre, Le communautaire à boutte sera présent à Drummondville pour maintenir la pression politique. Le mouvement invite également les allié·es à se joindre à cette prochaine étape. Le message est donc sans équivoque : le communautaire refuse de se taire.

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