Plus de trente organisations demandent aux gouvernements du Québec et du Canada de protéger le statut des personnes immigrantes déjà établies sur le territoire. Cette mobilisation regroupe des municipalités, des syndicats et des acteurs du monde économique. Ils dénoncent d’une seule voix les récentes décisions gouvernementales en matière d’immigration. Les participants jugent ces mesures nuisibles pour les communautés locales et l’économie de la province.
Louis-Alexandre Parent
Un front commun pour l’action
Le ministre de l’Immigration reste ferme sur sa décision de mettre fin au Programme d’expérience Québécoise (PEQ). Les maires et mairesses ainsi que plusieurs organismes étaient réunis au Manège militaire pour dénoncer la fin du PEQ. Le maire de Québec, Bruno Marchand, a affirmé qu’une majorité de la population souhaite garder les travailleurs étrangers déjà établis.
Le maire de Mascouche et président de l’Union des municipalités du Québec, Guillaume Tremblay, a lancé cet appel historique. Selon lui, le Québec ne peut pas se passer de ces travailleurs et de ces étudiants. Les membres de la coalition demandent une collaboration immédiate entre Québec et Ottawa pour régler l’incertitude actuelle.
Guillaume Tremblay a souligné l’importance de ce mouvement lors de la rencontre. « Le mouvement des cœurs bleus rassemble des voix de partout au Québec pour dire que les personnes immigrantes font partie de nos communautés et qu’elles sont indispensables. Cette mobilisation est un moment historique. On ne peut pas les laisser dans l’incertitude actuelle et sans solution. Les deux gouvernements doivent collaborer et agir avec responsabilité, car le temps est compté pour des milliers de personnes. On demande des solutions maintenant pour donner de l’oxygène à tout le monde » a-t-il déclaré.
Des impacts économiques et sociaux majeurs
Les organisations économiques s’inquiètent de la vitalité des régions et de la survie des petites entreprises. Plusieurs représentants affirment que le départ forcé de ces travailleurs créerait un vide immense. Le secteur de l’hôtellerie, les cégeps et le milieu de l’économie sociale craignent une baisse de la qualité des services. Ils estiment que la réforme actuelle brise la confiance des nouveaux arrivants envers la société québécoise.
Caroline Senneville, présidente de la CSN, a cosigné une déclaration forte avec d’autres leaders syndicaux. « Ce sont des travailleuses et des travailleurs déjà parmi nous depuis des mois, parfois des années. Ils s’intègrent, parlent ou apprennent le français, paient des impôts, s’impliquent dans leur communauté et contribuent activement à la vitalité de nos régions. Les forcer à partir serait non seulement injuste, mais profondément contre-productif. » a-t-elle affirmé.

Des solutions concrètes proposées
La coalition exige des mesures précises pour corriger la situation. Elle demande au gouvernement du Québec d’instaurer une clause de droits acquis pour les personnes touchées par les changements au PEQ. Du côté fédéral, elle réclame le renouvellement des permis temporaires pour assurer la continuité du travail.
Les intervenants jugent qu’un pont vers la résidence permanente est nécessaire pour ceux qui participent déjà à la société. François Vincent, vice-président pour le Québec à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, affirme que des PME s’inquiètent des effets d’une baisse de l’immigration sur leur région. Il souhaite que les gouvernements cessent de se renvoyer la balle. « Québec et Ottawa doivent entendre le cri du cœur de la société québécoise maintenant » a réitéré François Vincent. Le groupe espère une réponse rapide pour protéger la croissance économique et la stabilité sociale du Québec.


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