Malgré l’incertitude, 68 % des dirigeants anticipent une année 2026 économiquement favorable pour leur secteur.
Xavier Renald
Les résultats de la 16e édition du sondage Conjoncture, qui mesure la confiance des dirigeants d’entreprise de la grande région de Québec, ont été dévoilés mercredi matin.
Optimistes malgré tout
Après une année 2025 marquée par un climat économique incertain, une majorité des dirigeants d’entreprise (68 %) de la grande région de Québec demeure optimiste pour les douze prochains mois. Ce résultat est similaire à celui obtenu l’année dernière (66 %) dans le cadre du même exercice.
Par ailleurs, près de deux gestionnaires sur trois (64 %) prévoient réaliser des investissements au sein de leur entreprise dans la prochaine année, un taux stable par rapport à l’an dernier.

La résilience des entreprises de la région s’explique en partie par la structure de l’économie dans la capitale, où le secteur manufacturier est moins important qu’ailleurs, explique Frédérick Boisvert de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ) : « La charpente de l’économie régionale est extrêmement diversifiée. Il y a des assurances, il y a des TI, il y a la santé, le secteur manufacturier ne compte que pour 10 % ». M. Boisvert rappelle que le secteur manufacturier est le plus exposé aux ralentissements économiques ainsi qu’aux tarifs douaniers.
Cette diversification fait en sorte que les tarifs américains ont un impact moins important sur l’économie de la Capitale-Nationale que celle d’autres régions. « On n’a pas le choix de continuer à s’assurer, puis malheureusement on a tous des problèmes de santé. Ces secteurs anticycliques sont importants dans la région », complète Carl Viel, président-directeur général de Québec International.
Des inquiétudes perdurent
À travers le bilan plutôt positif dressé par le sondage réalisé par Québec International et Léger, certains aspects de la situation inquiètent tout de même les représentants des chambres de commerce de la région.
D’abord, la planification de la relève est jugée déficiente aux yeux de Frédérick Boisvert, qui parle même d’une véritable « bombe à retardement ». Il souligne d’ailleurs que 5 000 entreprises de la région devront changer de main au cours des prochaines années, au moment où 64 % des répondants du sondage déclarent n’avoir aucun plan de relève ou de transition.

De plus, M. Boisvert croit que l’adoption de l’intelligence artificielle, bien que présente dans la moitié (52 %) des entreprises dont les dirigeants ont été sondés, est encore trop rudimentaire. Cette préoccupation est partagée par les chefs d’entreprise, alors que seulement 13 % d’entre eux évaluent positivement la compétitivité de leur organisation en matière d’adoption de l’IA.
Il en appelle aux gouvernements à prendre au sérieux l’adoption de l’IA, qui constitue selon lui « un rendez-vous avec le destin pour combler notre écart de productivité » avec le reste du Canada et les autres pays de l’OCDE. Il souligne néanmoins le bon coup du gouvernement Carney avec sa « superdéduction à la productivité », présentée au budget du mois de novembre 2025.
Le développement durable freiné
Du côté de la Jeune Chambre de commerce de Québec, la directrice générale Laurence Girard s’inquiète du recul observé par rapport aux initiatives en lien avec le développement durable, particulièrement pour les petites entreprises. Même si deux répondants sur trois (66 %) rapportent que des mesures sont mises en place dans leur entreprise, il s’agit d’une baisse par rapport à 2023, au moment où ce taux s’élevait à 74 %.
« Il y a près de 31 % des répondants qui estiment que leur entreprise n’est pas concernée par ce type de démarche », dit-elle. « Le développement durable ce n’est pas un luxe, c’est une stratégie de résilience qui est accessible, progressive et qu’on peut adapter à notre réalité », poursuit Mme Girard en encourageant les petites entreprises à faire leur part.
La jeune directrice générale, en poste depuis novembre, souhaite également que la santé mentale poursuive sa progression en tant que préoccupation au sein des entreprises. « La santé mentale doit être considérée comme un enjeu de résilience économique », a déclaré Laurence Girard. Selon elle, la solution réside dans la mutualisation des ressources et les partenariats stratégiques.
Les chiffres marquants
- 38 % des dirigeants d’entreprises interrogés s’inquiètent d’un ralentissement économique ou d’une récession en 2026. Il s’agit de la plus grande inquiétude mesurée, devançant la situation économique avec les États-Unis à 27 %.
- 74 % des dirigeants d’entreprises sondés prévoient recruter au cours de la prochaine année. 13 % estiment qu’ils devront procéder à des mises à pied.
- 31 % des participants au sondage déclarent avoir actuellement un plan de relève ou de transmission alors que 64 % d’entre eux ne disposent d’aucun plan.
- 67 % des entreprises ont des initiatives visant à soutenir la santé mentale des employés.
- 66 % des répondants jugent positivement l’année 2025 pour leur secteur d’activité, un taux stable par rapport à 2024.
Le sondage, mené par la firme Léger entre le 12 novembre et le 8 décembre 2025, a recueilli les réponses de 239 dirigeants d’entreprise sur une panoplie de sujets entourant l’économie. Le rapport complet est disponible sur le site web de Québec International.


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