Le taux de chômage dans la RMR de Québec a reculé en décembre, passant sous la barre du 4 % pour la première fois en 17 mois. Est-ce une bonne nouvelle?
Xavier Renald
Un taux de chômage trop bas?
Alors que plusieurs se réjouissent des statistiques du marché de l’emploi, notamment de la baisse du taux de chômage, l’économiste Rosalie Forgues de Québec International souhaite nuancer l’excitation ambiante.
La situation de plein emploi visée par la plupart des économistes suggère un taux de chômage entre 4 et 5 %. « À 3,4 %, ce n’est pas alarmant, mais il ne faudrait pas qu’on descende beaucoup plus bas, faute de quoi plusieurs entrepreneurs vont vouloir reporter des décisions d’investissement, reporter de l’embauche, ce qui n’est jamais bon pour l’économie », prévient Mme Forgues.

L’incertitude est le principal enjeu pour les dirigeants d’entreprise et les investisseurs : « Un trop bas taux de chômage amène de l’incertitude dans les opérations, au même titre que les tarifs actuellement », souligne l’économiste.
« Parfois l’incertitude est plus corrosive que la matérialisation de la menace elle-même »
Rosalie Forgues, économiste chez Québec International
Les secteurs manufacturiers, de la construction et de la santé pourraient notamment souffrir du manque de travailleurs, si la pression à la baisse se poursuit.
À quoi s’attendre en 2026
Si 2025 fut marqué par l’incertitude liée aux tarifs américains, 2026 pourrait l’être par la normalisation des conditions économiques selon Rosalie Forgues. « Dans les prochains mois, les perspectives sur le marché du travail laissent entrevoir une évolution prudente des indicateurs », peut-on lire dans la nouvelle économique publiée par Québec International vendredi dernier.
Cependant, le vieillissement de la population conjugué à l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), qui restreint l’immigration, pourraient contribuer à la pénurie de compétences vécue dans certains secteurs.

« Si le taux de chômage se met à trop baisser, on se met à risque de ne pas être capable de réaliser nos activités actuelles ou les activités qu’on anticipe, ce qui limite les perspectives de croissance », explique Mme Forgues.
Du côté des travailleurs de 15 à 24 ans, qui ont connu un taux de chômage très élevé (au-delà de 10 %) en 2025, la nouvelle année pourrait se montrer plus radieuse. « Selon les données non-désaisonnalisées de décembre, on est à 4,8 %, donc on frôle le plein emploi, indique l’économiste. Comme on a des indicateurs qui sont tous au vert présentement, on ne peut s’empêcher d’être optimiste sans laisser de côté notre côté réaliste pour 2026 ».
Elle rappelle toutefois qu’il est plutôt normal que cette catégorie de travailleurs ait un taux de chômage plus élevé que les autres, étant donné la nature de leurs emplois, souvent temporaires ou saisonniers.
Québec International dévoilera mercredi prochain (21 janvier) les résultats de son étude « Conjoncture 2026 », qui mesure l’indice de confiance des dirigeants d’entreprise de la région.


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