Récemment, la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, a fait une sortie remarquée pour dénoncer le coût des travaux municipaux. Elle donnait de bons exemples de trucs trop dispendieux, comme des feux de circulation à 1 M$, des tronçons de rue de 300 mètres à 3,5 M$. Elle mentionnait aussi ces dos d’ânes dont la facture est souvent de plus de 10 000 $ pièce. À première vue, à peu près tout le monde est d’accord avec elle, car ces prix n’ont pas de sens.
Une chronique de Martin Claveau
Cela dit, dans la vie comme au hockey, les choses sont généralement comme elles sont, pour un beau paquet de raisons et Il y a souvent une, ou des histoires, qui justifient comment les choses en sont venues là.
Pour moi, une des causes, de toute cette belle inflation, demeure la hausse importante des salaires depuis les fusions municipales. Encore récemment, certains corps de métier réclamaient des hausses de salaires de 17 à 23%, si je me souviens bien.
Mon propos n’est pas de critiquer le boulot que font les employés de la ville et la paye qu’on leur verse. En fait, la plupart de ceux que je connais sont de très bons employés qui sont conscients de leurs responsabilités. Cela dit, encore une fois, je connais des employés de la ville qui étaient autrefois contractuels dans les anciennes municipalités. Ces derniers ont vu leurs conditions bondir depuis les fusions et les négociations subséquentes. Ce sont de bonnes personnes, mais ils ont, un peu, quand même gagné à la loterie de la vie. Un gars que je connais, est passé d’un statut de surnuméraire qui gagnait 18 000$ dans son ancien chef-lieu, à un salaire déclaré de plus de 92 000$ l’an dernier. Ça représente un beau 500% d’augmentation. Il est compétent, aime son travail et on le comprend très bien. Quand il prendra sa retraite, l’an prochain, il aura droit à une généreuse pension jusqu’à la fin de ses jours.
On estime que la masse salariale de la ville correspond à 35% de son budget soit un peu plus de 700 M$ aux dernières nouvelles. Évidemment, chaque employé municipal a droit à sa part du gâteau et les retraites durent de plus en plus longtemps. Elle nous coûtent aussi de plus en plus cher.
Tout ça s’additionne dans le coût des dos d’ânes et des bouts de rues.
Ça fait que, bien sûr, je suis d’accord avec Catherine Fournier, mais charité bien ordonnée commence par soi-même. Il serait peut-être temps que nos administrations municipales arrêtent de donner la Lune et les anneaux de Saturne à leurs employés si elles veulent que les coût de constructions cessent d’augmenter.
Pourquoi des entrepreneurs qui côtoient des employés municipaux, dont les conditions sont si bonnes devraient-ils, eux, travailler à rabais?
Poser la question, c’est pas mal y répondre…
Les choses ne sont donc probablement pas à la veille de changer au royaume des feux de circulation à 1 millions.
Commentez sur "La lune et les anneaux de Saturne"