Les petits pas

Quoi qu'on dise par Martin ClaveauMartin Claveau (Photo : archives Carrefour de Québec)

Je m’aperçois que suis de moins en moins patient en auto. Je ne sais pas si c’est l’âge qui fait ça ou bien si ça vient du monde dans lequel je vis. Toujours est-il que, par exemple, quand je suis en voiture et que quelqu’un, ou quelque chose, me bloque le passage, je sens souvent monter en moi un genre de colère que je ne sais pas trop comment décrire. Quand je songe que cette agressivité est causée par un illustre inconnu qui va juste me faire manquer ma lumière ou un machin du genre, je me trouve un peu ridicule, mais bon, c’est comme ça… 

Une chronique de Martin Claveau

Comme plusieurs, je vis ça quelques fois par semaine quand je suis au volant. Ce genre de réflexe primaire est absurde et j’en suis conscient, mais la colère et la frustration sont des choses qu’il est souvent difficile de contrôler. Cela dit, je ne m’en prends jamais publiquement à ceux qui m’enquiquinent. La plupart du temps, je maugrée seul dans mon habitacle. J’accumule ces petites frustrations, une après l’autre, au fil de mon chemin vers des destinations, qui ne sont souvent pas si importante que ça, dans la plate histoire de ma vie.  

Parfois, une bonne chanson qui joue à la radio me fait oublier cette impatience en gestation. Le fait de voir ma fille nager à la piscine, en a aussi le pouvoir, mais ça, c’est seulement quand elle ne me dévisage pas de ses gros yeux pas contents de me voir surgir à son entrainement.  

À l’opposé de cette agressivité bien regrettable en voiture, je remarque que, quand je circule en vélo, je n’éprouve jamais ce sentiment car je réussi pratiquement toujours à me faufiler dans le trafic pour éviter les problèmes et les emmerdeurs sur mon parcours. À pied, ma foi, c’est souvent encore mieux, mais ça demeure pas mal plus long, par contre.  Je suis quand même aussi « chill » quand j’arrive à destination. 

Tout ça pour dire qu’un des plus grand mal moderne qui nous afflige est probablement cette espèce de manque de patience que nous avons tous à des degrés divers. 

Il explique peut-être tous les problèmes du monde en fait. Nous sommes tous de plus en plus impatients dans nos vies. Nous tolérons de moins en moins l’attente où qu’elle se trouve, que ce soit à la caisse du supermarché, à l’hôpital où encore à Revenu Québec. La preuve que nous ne voulons pas attendre est que nous commandons parfois des cafés Starbucks ou du Mcdonald, avant d’y arriver pour éviter de faire la file quand on y est. Nous aimerions tous pouvoir attendre tranquillement chez nous, qu’on nous appelle, avant de passer à l’urgence. Quand nous attendons un peu pour avoir des passes du Festival d’été, nous sommes mécontents et rageons si nous n’obtenons pas notre dû. Nous sommes de plus en plus seuls et pourtant nous n’endurons plus d’attendre avec les autres. 

 Je ne crois pas que marcher plus ou se déplacer davantage en vélo représente la solution à tous nos problèmes, mais l’essayer ne nuirait certainement pas au tempérament de plusieurs. Pour moi, ça reste une bonne chose, même si ce n’est pas possible pour aller jouer au hockey à Saint-Augustin ou se rendre faire du ski au Relais. 

Par contre, je crois que Martin claveauce choix devrait toujours être fait par les gens eux-mêmes et qu’il ne devrait jamais leur être imposé de force. Dans ce cas-là, les gens ont souvent tendance à se rebeller car ils ont le sentiment de se faire avoir. 

On ne gagnerait rien au change si tous les nouveaux piétons et cyclistes du futur devenaient aussi impatients qu’ils ne le sont dans leur auto. 

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