Le mollet du maire

david lemelinDavid Lemelin (Photo : Courtoisie)

Comparer Éric Duhaime à un alcoolique nous a conduit dans un cirque. J’ai fait ça aussi. Pendant la campagne de 2013, j’avais comparé le régime Labeaume à la Corée du Nord.

C’était idiot. Mais, c’était une image forte. Et dans un monde où pour attirer les regards, on a plus de succès en étant grotesque ou épais, il devient fort tentant d’utiliser une image qui dépasse les limites, à plus forte raison quand la politique est énormément collée sur les experts des communications, à la recherche constante de « one liners » et de lignes de com qui vont se frayer un chemin jusqu’au bulletin de nouvelles. On en vient à penser que c’est comme ça que ça marche. Il FAUT de la communication.

En vérité, je vous le dis, ça finit par pourrir l’exercice du pouvoir. Ça pousse des premiers ministres à prétendre qu’ils couchent avec un pyjama des Canadiens, pour s’attirer l’amour des fans de hockey. Ça convainc des candidats de participer à des émissions plus ou moins drôles pour jouer les comiques invités. Ça fait déraper des maires qui donnent une visibilité inespérée à des adversaires…

C’est un dérapage, voilà ce que c’est. Il y en aura d’autres. 

Éric Duhaime, qui n’a pas et n’aura jamais le poids du pouvoir sur les épaules, a beau jeu. Il peut mordiller les mollets de ses adversaires à répétition, pendant des mois, et attendre que le corps entier n’en puisse plus et hurle son agacement. C’est ce qui s’est passé.

Marchand passe pour un pas fin. Moi, je pense qu’il témoigne de son manque de confiance et se montre faible quand il fait ça. Duhaime n’a pas besoin de lumière et d’attention. Labeaume, qui a un millier de défauts, mais savait comment jouer avec les communications, n’a jamais prononcé mon nom pendant plus d’un an. Jamais, sauf le soir de ma défaite. Il a refusé que j’existe. Il y est arrivé.

Évidemment, personne de sérieux ne croit un instant que Duhaime soit ému par les arbres centenaires. C’est risible. C’est pourquoi j’aurais préféré qu’il soit honnête et dise que c’est le transport collectif et le coût qui vient avec qui l’horripile. Ça aurait été honnête. Mais, pour se faire remarquer, disais-je, il faut faire de bruit, quitte à être grotesque. 

Du reste, j’estime que Marchand a d’autres chats à fouetter qu’Éric Duhaime. Qui plus est, il réussit l’exploit de le faire passer pour un sage et un modéré.

Et ça, faut le faire…

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