Premier Acte : une soirée-bénéfice pour soutenir la relève théâtrale

Photo par Scarlett Alt via Unsplash

Le 12 avril prochain, Premier Acte tiendra sa soirée-bénéfice annuelle au Musée de la civilisation. Un événement festif, presque complet, qui s’inscrit dans un contexte où le soutien à la relève théâtrale demeure fragile.

À deux semaines de l’événement, il reste moins d’une cinquantaine de billets disponibles sur les 200 mis en vente. Si l’engouement est bien réel, il reflète aussi une réalité plus nuancée : celle d’un milieu culturel où la création émergente repose encore sur un équilibre précaire entre financement public et mobilisation du milieu.

Un financement insuffisant pour répondre aux besoins

« On vit une crise du financement en culture, depuis quelque temps déjà », explique Marie-Pier Lagacé, directrice générale et artistique de Premier Acte. « On fait le maximum avec les financements publics, mais ce n’est pas suffisant. Le soutien de notre communauté devient d’autant plus pertinent, important et nécessaire ». La soirée-bénéfice ne constitue pas un simple ajout aux revenus de l’organisme. Elle permet plutôt de soutenir des activités essentielles, mais moins visibles, liées à l’accompagnement des artistes.

Au-delà de la diffusion des spectacles, Premier Acte consacre une part importante de ses ressources au développement des projets : temps de répétition, mentorat, accompagnement artistique et soutien aux demandes de subvention. « Tout ce temps a un prix », rappelle Marie-Pier Lagacé. « Si on doit couper quelque part, c’est là ». Ces étapes sont pourtant cruciales dans le processus de création. Elles permettent aux artistes d’explorer, de structurer leurs idées et de faire évoluer leurs projets avant de les présenter au public.

Une relève dynamique dans un contexte fragile

Selon la directrice, la fragilité du milieu ne doit pas être confondue avec celle des artistes. « La relève est tout aussi fougueuse, talentueuse et audacieuse qu’avant. C’est le milieu qui est moins solide, financièrement », souligne-t-elle.

Les effets de cette situation se manifestent de différentes façons : spectacles annulés, projets reportés ou abandonnés. D’autres conséquences, moins visibles, touchent directement les artistes, notamment l’endettement, l’épuisement et les enjeux de santé mentale. « On ne voit pas les artistes qui ne franchissent pas le cap de la relève et qui vont faire autre chose. Ce sont de grandes pertes », ajoute-t-elle.

Un passage clé dans le parcours artistique

À Québec, le parcours des artistes de théâtre s’inscrit dans un écosystème structuré, qui comprend la formation, les laboratoires de création et les premières productions professionnelles. Premier Acte joue un rôle central dans ce cheminement. « Les artistes sortent du Conservatoire, il y a les Chantiers, le Jamais Lu, du mentorat… Puis la première étape va souvent se présenter chez nous », explique Marie-Pier Lagacé. « Ensuite, ils vont faire deux ou trois spectacles ici, puis enchaîner avec des scènes comme le Périscope ou la Bordée » et bien d’autres scènes ensuite. L’organisme agit ainsi comme un véritable tremplin vers les scènes professionnelles établies.

Une soirée festive pour rassembler

La soirée du 12 avril prendra une forme résolument conviviale, à l’image de l’esprit de Premier Acte. Le public est invité à assister à un spectacle d’improvisation créé en direct, inspiré du concept Les Architectes, impro et usage de faux, à partir de thèmes proposés sur place.

Animée par Maxime Robin, la soirée réunira les comédien·ne·s Valérie Boutin, Geneviève Boivin, Clément Desbiens, Nicolas Drolet, Jean-Michel Girouard et Denis Marchand, accompagnés des musiciens Frédéric Brunet et Nicolas Jobin. Un cocktail d’accueil et un repas compléteront l’expérience, dans une ambiance décontractée favorisant les échanges entre artistes et public.

Soutenir concrètement la création

Au-delà de son caractère festif, la soirée-bénéfice représente un levier concret pour soutenir la création émergente. Les fonds recueillis contribuent directement à améliorer les conditions de travail des artistes et à soutenir le développement de nouveaux projets. Les personnes intéressées peuvent encore se procurer des billets pour la soirée, participer à l’encan en ligne ou faire un don, en cliquant sur ce lien.

Dans un contexte où les ressources demeurent limitées, ces contributions jouent un rôle déterminant dans le maintien d’un écosystème culturel dynamique à Québec.

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