Sabrina Sirois
Recyc-Québec
Home Chroniqueurs Ça sent mauvais!

J’adore Limoilou, c’est un quartier vivant où tout est à proximité. En plus, il n’y a pas de côte de malade à monter, comme dans Saint-Jean-Baptiste. À vrai dire, le seul et unique désagrément de Limoilou, c’est que parfois, ça sent mauvais! 

Je ne compte plus les épisodes où une espèce d’odeur de vomi flotte sur le quartier. À la longue, on finit par s’habituer à cette puanteur qui s’installe certains jours de vent du nord-est, mais elle est toujours là.

Qu’est-ce qui cause cette odeur exactement? À la Ville, personne ne peut répondre et on me réfère à la Direction de la santé publique qui me confirme que c’est bel et bien l’usine de papiers. Durant la conversation, je découvre qu’il n’existe pas de loi ou de règlement contre la puanteur, qui obligerait l’usine à filtrer ses effluves. «Rassurez-vous monsieur, me dit-on, cette odeur n’est pas toxique». Pas toxique, peut-être! Je ne sais pas pour vous, mais moi ça me lève le coeur quand ça sent le vomi! Je dois être la seule personne qui ne s’est pas réjoui de la réouverture de cette damnée usine, qui fournit de bons emplois, mais qui m’empoisonne la vie. Qui plus est, les employés, grassement payés, prennent toutes les cases de stationnement non réglementées du secteur.
Alors que j’essuie la poussière d’Arrimage Québec sur ma galerie, pas loin de chez moi, l’incinérateur et la papetière crachent leurs fumées. Je me dis qu’au fond, ce problème a toujours été là depuis que Limoilou existe. Autrefois, la population du quartier était composée majoritairement de gens pauvres et peu éduqués. Les pauvres, c’est bien connu, ça ne chiale pas tellement, mais ça fume et ça prend de la bière. Il doit y avoir là dedans une certaine logique philosophique-cynique-populaire…

Après tout, quoi de mieux pour oublier les odeurs qu’on nous impose que d’en produire soi-même? Moi qui ne bois quasiment plus et qui ne fume plus depuis longtemps, je songe à m’y remettre. Après tout ne vaut-il pas mieux s’empoisonner soi-même que de l’être par les autres?