Mon Ange Gardien
Sabrina Sirois
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Une de partie, dix de perdues ?

Je suis un hybride. J’ai grandi en banlieue, mais j’ai découvert le charme de la ville peu à peu sans vraiment que je m’en aperçoive. Au début, j’habitais Limoilou parce que ce n’était pas cher puis, petit à petit, je me suis fait prendre et je me suis mis à aimer ça.

J’ai plusieurs amis qui vivent à Loretteville, Charlesbourg ou Cap-Rouge. La plupart d’entre eux demeurent dans des maisons plus belles et plus grosses que la mienne, mais je ne suis pas jaloux pour autant. J’aime l’endroit où je vis et je m’y suis attaché. Je n’ai pas beaucoup de choses à critiquer mis à part le fait que ça sent parfois mauvais et que je ne sais pas toujours ce que je respire. Ah oui, parfois, je suis tanné d’entendre ma fille se plaindre que nous n’avons pas d’escalier, car nous vivons au premier étage d’un duplex.

Je marche pour aller travailler et les rares fois où je me ramasse «jammé» dans le trafic, je capote. Bref, je suis de ceux qui aiment la vie en ville, mais je déchante une fois par année lorsque je vois mon compte de taxes haussé beaucoup plus rapidement que celui de mes amis de la banlieue.

Encore cette année, ma facture de services a augmenté de 10%, soit environ 400$. Quand je regarde ça rétrospectivement, l’évaluation de notre duplex a pratiquement triplé depuis 12 ans. Tout ça sans qu’aucune rénovation majeure soit faite. Faut le faire quand même…

Des fois, je me dis que si je mettais ma maison en vente, je n’aurais jamais les moyens de payer le prix qu’elle vaut. Ce qui est en soi un peu ironique, mais bon c’est comme ça.

Il faut admettre qu’à voir comment évolue le marché immobilier, habiter en ville devient tranquillement un privilège. Si ça continue, seuls les nantis pourront se le permettre à moyen terme. Un peu comme ça se passe déjà sur l’île à Montréal. Ce phénomène est sans doute de très bon augure pour ma retraite, mais pas très bon pour les familles de la classe moyenne qui aimeraient éventuellement rester en ville.

La Ville s’en lave les mains et répète toujours qu’elle n’y peut rien, mais elle profite sacrément bien de ces augmentations de revenus. Je crois au contraire qu’elle pourrait faire quelque chose. Elle pourrait adopter certaines mesures qui pourraient atténuer le phénomène. Le temps presse. Bientôt, il sera trop tard et le centre-ville sera vraiment trop cher pour le commun des mortels.

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