Sabrina Sirois
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Christine Michaud: Fleurir un livre à la fois

Québec — Quitter la télévision aura été l’élan nécessaire pour que Christine Michaud termine son roman qu’elle trainait depuis longtemps. Aujourd’hui, son livre «Une irrésistible envie de fleurir» ne lui appartient plus. L’auteure a bien hâte de connaître la réponse des lecteurs. Cette nouvelle corde à son arc qui risque de ne pas être la dernière.

Pourquoi écrire un roman?

C’est mon 10e livre. J’ai toujours écrit des essais, mais c’est mon premier roman. En fait, j’ai commencé à l’écrire il y a 10 ans. Je dis souvent à la blague que j’ai fait de la procrastination efficace. Parce que j’en faisais un bout, puis j’écrivais autre chose. Ce qui me parle beaucoup, c’est de transmettre des enseignements. C’est un peu le principe de mon roman, mais à travers une histoire. Je crois que ç’a plus de chance de toucher les gens. C’est plus créatif, plus artistique. Je me suis inspirée d’histoires de gens qui sont près de moi que j’ai transformé. D’autres bouts que j’ai vécus et d’autres qui sont complètement inventées.

Ça ressemble un peu à votre histoire, non?

Mon personnage principal Juliette travaille à la télé. Moi, j’ai été chroniqueuse et animatrice à TVA pendant 19 ans. C’est clair que c’est un domaine que je connais très bien. Mais ce qu’elle vit, ce n’est pas du tout comment je l’ai vécu par contre. Ce sont des choses qui arrivent souvent. J’ai perdu mon poste comme elle, mais ça n’a pas été fait de cette façon-là.

Dans le roman, vous abordez des sujets qui vous sont chers comme la spiritualité?

Il y a quatre grands axes que je trouve important de mettre ensemble. La psychologie, particulièrement la psychologie positive qu’on appelle la science du bonheur. Dans la psychologie traditionnelle, on va traiter de ce qui ne va pas et l’on va essayer de le régler. En psychologie positive, on prend l’être humain qui chemine déjà, et l’on va lui donner un élan par l’avant. C’est essayé de développer une vie optimale. Le deuxième pilier, c’est la philosophie. Il est important de se poser des questions, d’avoir des réflexions. Je trouve qu’on oublie ça parfois. On va prendre des recettes toutes faites en pensant que ça va changer notre vie, mais est-ce que ça nous convient? Le troisième est la spiritualité, c’est-à-dire se connecter à l’intérieur de soi, cultiver une vie intérieure. Le quatrième pilier est l’art. Je pense que tout être humain est artiste. Ça peut prendre différentes formes.

Quel a été l’élément déclencheur pour terminer votre roman?

La fin de la télé. Ça prenait de mon temps, de mon énergie, mais ç’a été une super expérience, un cadeau de la vie. J’ai réalisé après que je me restreignais, lorsque j’étais animatrice à TVA. Il faut faire attention à ce qu’on dit. On m’a souvent reproché mon côté spirituel. Je l’atténuais beaucoup. Je pense que pour aller au bout de cette histoire de roman, j’avais besoin d’être complètement libre. En n’ayant plus d’attachement avec une entreprise, j’ai pu oser à mon élan créatif.

La télé vous manque-t-elle?

Bizarrement non. Ça a été un deuil. Je me suis dit que c’est normal que des gens arrivent, qu’il fallait savoir laisser sa place, être dans la gratitude de toutes ces années que j’ai pu faire. La télé, c’est un métier public. Il y avait une peur, que je n’aime pas du tout avoir, que les gens vont m’oublier. Lorsque j’y repense, je me trouve ridicule d’avoir pensé ça. Je n’ai jamais été la fille qui chercherait la visibilité. Je voulais aller à la télé parce que c’était un sujet que je voulais transmettre. Ça m’a ramené plus près de mes valeurs profondes. Dans la dernière année, j’ai appris à ralentir, à me déconnecter technologiquement et à être plus là pour les gens près de moi.

Adélaïde est une petite fille, qui joue un rôle important dans le livre. Garder son cœur d’enfant aide-t-il à passer à travers des épreuves?

C’est un message très fort du livre. À un moment donné, il y a un rituel où Marie-Luce, la grand-mère d’Adélaïde, va lui offrir une poupée en chiffon. Moi, c’est ma grand-mère qui a fait ça pour moi. J’ai voulu inventer un rituel que je voudrais que les mamies reprennent, celui d’offrir une poupée en chiffon à leurs petites-filles avant qu’elles aient atteint l’âge de raison pour qu’elle leur rappelle ce qu’elles ont à l’intérieur d’elles-mêmes, leur rêve. Parfois, on oublie ça en devenant raisonnable. J’ai encore ma poupée à 47 ans qui s’appelle Chiffonie.

Votre objectif est-il de semer du bonheur?

Je l’espère. Il va faire le chemin qu’il a à faire. Je souhaite qu’il touche le cœur des gens, qu’il les amène à réfléchir leur vie, qu’il s’arrête, qu’il prenne une pause pour réfléchir à leur vie. Le bonheur, on en entend parler sous tous les angles. Mais le bonheur dans la vie, il est constitué de non-bonheur. Si la souffrance n’existait pas, on ne connaitrait pas le bonheur. C’est un état d’être qui peut s’en aller et revenir.

Avez-vous d’autres projets de livre?

J’ai déjà une idée pour la suite. Les personnages ne sont pas morts dans mon esprit. Au contraire, ils me parlent beaucoup. En même temps, je me trouve drôle. Si le premier ne fonctionne pas, ça ne sert à rien. J’ai juste hâte de voir si les gens l’aiment. Je me retiens pour la suite. Sinon, je pense qu’il y en aura d’autres. J’ai vraiment envie de raconter des histoires. J’ai eu la piqûre.

Continuez-vous à donner des conférences?

Oui, pour le grand public et les entreprises. J’enseigne la psychologie positive, surtout aux chefs d’entreprise en France. Je travaille pour une grande association de chefs d’entreprise là-bas. J’y vais plusieurs fois par année. J’en fais aussi au Québec. J’ai une compagnie de production d’évènements. Le prochain, c’est notre grande journée annuelle, le 23 février au congrès de Montréal. Ça sera la 5eédition. On attend 2000 personnes. C’est un gros show avec beaucoup de contenu. À Québec, j’anime des retraites deux fois par année au Monastère des Augustines. Je suis une de leurs ambassadrices.

Info. : christinemichaud.com

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Photo : Courtoisie

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