Sabrina Sirois
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Chef de Québec 21 : Entrevue avec Jean-François Gosselin

Québec — Bien qu’il ait goûté à la politique au provincial, Jean-François Gosselin, chef du parti Québec 21, a appris son rôle de conseiller municipal et chef de l’Opposition officielle à la vitesse grand V. Qu’importe, ses tâches lui plaisent beaucoup. Même si ses idées ne font pas l’unanimité, il se fait un plaisir de les expliquer à ceux qui souhaitent débattre avec lui. Il a d’ailleurs partagé sa vision avec Le Carrefour.

Comment va votre mandat jusqu’à maintenant?

J’adore mon travail. Pour moi, c’est un honneur et un privilège de représenter les citoyens. Je trouve ça très valorisant. Ça va bientôt faire un an. Déjà, on a pris nos repères, on est plus à l’aise. Avec mon collègue, Stevens Mélançon, on fait un bon travail tout comme avec le cabinet.

Qu’est-ce qui vous a donné le goût de la politique municipale?

J’ai vécu aux États-Unis et je suis revenue habiter à Québec parce que je l’ai choisi pour y élever notre famille. J’ai continué à suivre la politique même après avoir perdu aux élections provinciales en 2008. En avril dernier, on s’est retrouvé entre ex-adéquistes pour les 10 ans de l’élection de l’ADQ, et on a parlé de politique municipale. Delà est venue l’idée. Mais c’est surtout pour l’amour de la ville, par intérêt de la ville et insatisfaction aussi de M. Labeaume, que j’avais appuyé il y a 10 ans. Mais il a pris un virage à 180 degrés avec le tramway et le SRB. Je trouvais qu’il n’allait pas dans la bonne direction. C’est ce qui m’a motivé à accepter l’invitation et à participer à la fondation du parti.

Comment trouvez-vous la gestion de M. Labeaume?

Les citoyens paient des taxes et en retour, ils s’attendent à des services. Ce qu’on découvre, c’est qu’il y a beaucoup d’argent qui est dépensé à gauche et à droite, mais qui n’amène pas plus de service. On prend toujours l’exemple du fameux abribus à l’intersection de la 41Rue et de la 1re Avenue. Sa fonction est de protéger l’usager pendant qu’il attend l’autobus. Ça ne peut pas coûter 1,1 M$. On doit améliorer le service de proximité en considérant combien ça coûte. C’est un manque de rigueur et de planification comme avec la nouvelle centrale de police. C’est la grosse faiblesse de l’administration Labeaume : sa gestion déficiente, le manque de rigueur budgétaire et de planification.

Trouvez-vous qu’on a centralisé les pouvoirs?

Il faut décentraliser les décisions pour qu’elles se prennent rapidement et localement. Si l’on prend en exemple le déneigement, ce n’est pas la même réalité dans le Vieux-Québec que le nord de Loretteville. On a des secteurs qu’on doit prioriser pour différentes raisons. Autre exemple, la tendance est à l’ajout de postes de quartier. À Québec, on fait le contraire. Près de 40% des déplacements policiers s’effectuent dans La Cité-Limoilou. Le parc Victoria est une bonne localisation. Si la Ville est capable de trouver un autre terrain disponible dans le même secteur et de garder les postes de quartier ouverts, ça ferait une meilleure couverture. Ça sera un futur débat à l’hôtel de ville.

Sentez-vous une plus grande opposition au maire?

L’opposition officielle, moi et Stevens, on a une vision différente de la ville, de ce qui doit être fait, de la façon qu’on doit desservir les citoyens versus les oppositions dans le passé où l’on était sensiblement d’accord sur les orientations et les décisions comme le tramway. Ça devenait un combat de personnalité. Il y a maintenant plus de débats d’idées.

Vous avez beaucoup été critiqué dans les médias. Qu’est-ce que ça vous a fait?

La critique, ça fait partie de la vie d’un politicien. Il y aura toujours des gens qui ne seront pas d’accord avec nos idées. On n’est pas obligé d’être d’accord, mais on peut se respecter et se parler. C’est comme ça que je fais de la politique. J’ai beaucoup de plaisir à discuter avec des gens qui ne sont pas d’accord avec mes idées. Pour la famille, c’est différent. Avant de refaire le saut en politique municipal, on a eu une bonne rencontre de famille avec ma femme et les 5 enfants. J’ai pris soin de l’expliquer à mes filles qui étaient trop petites quand j’étais député et à mes gars qui n’étaient pas nés. Ça change la vie de famille.


 

De quoi aurait besoin le centre-ville?

Selon M. Gosselin, il faudrait une meilleure accessibilité pour aller et sortir du centre-ville. Il propose des navettes, avec des stationnements incitatifs gratuits, dont le coût d’embarquement serait de 1$ et qui nous amèneraient au centre-ville de manière efficace, rapide et confortable. Un peu comme les navettes qui sont mises en place lors du FEQ. Le chef de l’opposition officielle croit qu’on fait une erreur avec le grand marché sur le site d’ExpoCité. Selon lui, on devrait garder ouvert le marché du Vieux-Port pour conserver un service de proximité aux familles du Vieux-Québec. Il pense aussi que fermer la bibliothèque Gabrielle-Roy durant deux ans pour la rénover n’est pas une bonne idée. Il n’est pas contre le fait de la rénover, mais il pense que le projet aurait pu être penser différemment, soit en ne la fermant pas et en investissant une partie de l’argent dans d’autres bibliothèques de quartier.

Et les banlieues, de quoi auraient-elles besoin?

Un des enjeux principaux, selon lui, est la sécurité routière, notamment la vitesse dans les rues et le transit. Plusieurs citoyens ont l’impression de moins sentir la présence policière. M. Gosselin se fait aussi parler régulièrement du transport en commun. Les métrobus et les express fonctionnent bien, mais hors de ces circuits, c’est difficile surtout lorsqu’on doit faire un trajet est-ouest. Autrement, il pense que les promoteurs doivent présenter leur projet en amont pour obtenir une acceptabilité dans leur voisinage. Trop souvent aussi, les promoteurs paient au lieu d’ajouter des espaces verts.


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Photo: Marie-Claude Boileau

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