Sabrina Sirois
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Soirée de filles avec les Grandes Crues

Les Grandes Crues, composées de Marie-Lyne Joncas et Ève Côté, sont en tournée partout au Québec en ce moment avec leur tout premier spectacle «Su’l gros vin». Plusieurs salles affichent complet comme c’était le cas ce 5 juin au Théâtre Petit Champlain. Une foule festive qui leur a réservé un accueil très chaleureux.

Je les aime toutes les deux à Code F sur la chaîne Vrak (je sais j’ai presque 40 ans et j’écoute Vrak), je me bidonne joyeusement en écoutant Marie-Lyne dans ses capsules web «Le courrier du cul», alors tout laissait présager qu’on allait passer une belle soirée. Mais comme rien n’est parfait, il y a un mais. Je serai donc, comme elles le disent elles-mêmes, franche et directe, mais pas méchante pour deux cents. Allons-y d’abord avec les points forts du spectacle.

La livraison. Sans aucun doute. Le jeu et la gestuelle de Marie-Lyne, l’accent de Ève originaire de la Gaspésie, leur timing, leur complicité. On veut tous une relation d’amitié aussi fluide et pleine d’amour dans sa franchise crue. À plusieurs moments on a droit à de mini sketchs pour illustrer certains gags et c’est franchement réussi. Les deux filles ont énormément d’autodérision, mais on sent toujours un énorme respect et une bienveillance entre les deux.

Et puisque c’est dans l’air du temps : leur féminité pleinement assumée. Oui, on parle de vulve, de poils pubiens, de masturbation, de one night, mais comme elles le disent à quelques reprises en début de spectacle : «Oui, c’est par là qu’on s’en va, alors vous embarquer dans le bateau ou vous restez sur le quai». Malgré que le mot plotte revienne souvent dans la soirée, étonnamment, rien n’est vulgaire. Tout est dit de façon crue, mais avec finesse. Un tour de force à bien y penser.

Plusieurs numéros sont hilarants, particulièrement en deuxième partie où les deux amies nous partagent, entre autres, plusieurs anecdotes tirées de leurs années de travail en restauration. Le numéro sur le lâcher-prise des mères des années 80 est également un moment fort à mon avis. Et on salue les Marie-Philippe… avec un k.

Les points faibles maintenant. L’ambiance malaisante de fin de soirée où tu le sais que tu as trop bu et que tu en as trop dit sur toi. Tu te sens sale, mêlé et t’as juste le goût de boire encore plus pour oublier que t’as trop bu. Ce genre de cercle vicieux auquel on met fin au plus vite en commençant la vingtaine si on veut espérer voir le soleil se lever le matin autrement qu’en plissant les yeux à se demander où on est.

Aussi, les deux acolytes s’assument pleinement en annonçant dès le départ qu’elles ne font pas d’humour engagé parce qu’elles ne connaissent absolument rien. Deux cruches comme elles le disent. J’en doute fort voyez-vous. Et c’est pour ça que je me permets de commenter le manque de profondeur. Parce que je sais qu’elles en ont le potentiel. Su’l gros vin peut-être, du fun cru d’accord, mais avec un brin de philosophie, là on toucherait quelque chose de plus soutenant. Ce sera pour un deuxième spectacle peut-être. Parce que je ne m’inquiète pas pour leur avenir. Les Grandes crues sont là pour rester.

Alex Roy

Je dois avouer que je ne connaissais pas l’humoriste Alex Roy qui a assuré avec aisance la première partie du spectacle. Du stand-up classique avec des sujets mille fois entendus, mais avec son charisme et sa livraison à lui, la proposition est des plus rafraîchissante. De sa relation avec blonde avec qui il essaie d’avoir un enfant, au comportement de sa chatte en chaleur ou de ses visites au comptoir des viandes froides de son épicerie, on rit énormément. Sa prestation d’une vingtaine de minutes se termine de façon surprenante, tout en musique. Il n’en fallait pas plus pour séduire la foule. L’humoriste sera en supplémentaire avec son propre spectacle le 10 juillet, toujours au Théâtre Petit Champlain. À voir!

Photos: Philippe Moussette

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