Sabrina Sirois
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Hôtel-Dieu: La mort vue par des survivants

Québec — Le collectif Nous sommes ici aborde de façon concrète la mort et la souffrance, deux thèmes peu joyeux, pourtant très humains auxquels on doit faire face un jour. Cinq experts, presque tous des non-comédiens, se livrent sur leur expérience de façon touchante.

Les experts sont issus de divers milieux : danseuse, infirmière, animateur, improvisateur et comédien. Sur scène, ils racontent comment ils ont vécu l’annonce d’une maladie incurable, traverser une rare maladie ou la mort d’un proche. Leurs témoignages sont touchants et remplis d’authenticité et de lucidité sur leur condition ou la situation. Le tout n’est pas livré pour tirer des larmes, bien qu’on doive sortir les mouchoirs à quelques reprises, mais apporter une réflexion.

Dans la première portion, on rencontre trois femmes. Danseuse, Chantal Bonneville a dû abandonner sa carrière parce qu’on lui a diagnostiqué une sclérose en plaques. Résiliente, elle a décidé de conserver son positivisme malgré les épreuves. Jacynthe Drapeau est infirmière et elle a travaillé pendant plusieurs années aux soins palliatifs de l’Hôtel-Dieu de Québec. Elle livre ses réflexions sur cette période où l’on vit souvent une mort sociale avant de mourir réellement. Élevée dans une famille croyante, Anna Maria Pinto, une jeune Colombienne qui réside au Québec depuis 2006, a été soignée pour une maladie rare du sang. Une chirurgie lui a sauvé la vie, mais les prières de sa mère l’ont-elles aidée?

La seconde partie aborde le deuil. Trois des experts ont des proches qui se sont suicidés. Des départs précipités qui ont l’effet d’une bombe atomique. Enceinte d’une fille, Michèle Tousignant se croyait à l’abri, mais son bébé est décédé dans sa vingtième semaine de grossesse. De son côté, Guillaume Pepin a été forcé de quitter sa famille, des Témoins de Jéhovah, et de couper les liens avec eux après avoir annoncé qu’il était homosexuel. Les jours et les semaines qui ont suivi ont tous été ardus pour eux. Ils ont dû faire face également aux maladresses des gens. Mieux vaut ne rien dire dans ces cas-là, disent-ils.

Enfin, les experts nous présentent les moyens qu’ils ont utilisés pour apaiser leur douleur. Une trentaine de spectateurs ont suivi les comédiens. Derrière des ports, ils ont couru, dessiné, discuté avec des étrangers ou composé une chanson. Cette dernière partie gagnerait à être resserrée.

Hôtel-Dieu nous fait réfléchir, mais nous montre surtout des êtres résilients et émouvants. La pièce est présentée par le Périscope en mode nomade au théâtre Les Gros. Elle aura lieu jusqu’au 3 février.

Info. : www.theatreperiscope.qc.ca

Photo: Courtoisie

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